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Déogratias Mutombo : « La RDC a réuni l’essentiel des cartes pour l’appui du FMI »

FODABI | 03:21 | 0 commentaires


Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) depuis le 14 mai 2013, Déogratias Mutombo doit composer avec la difficile conjoncture mondiale pour assurer les éléments qui contribueront à la stabilité macroéconomique et celle du système bancaire du plus grand pays francophone au monde, conditions, entre autres, pour négocier l'appui du Fonds monétaire international (FMI). Dans ce grand entretien exclusif avec La Tribune Afrique, le banquier central congolais évoque les défis de l’économie de la RDC et ceux de la BCC à l’aune de 2021. Il dresse également un état du système financier et revient entre autres sur des dossiers brûlants tels que la dissolution de la Banque Internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC)…

La Tribune Afrique - 

Le FMI a conditionné l'octroi à la RDC d'un programme formel triennal assorti de la Facilité élargie de crédit (FEC), par le maintien de la stabilité macroéconomique, la transparence minière, la mise en œuvre des mesures pour renforcer la gestion de la dette extérieure et de la restructuration de la BCC. Toutes les cartes sont-elles réunies à ce jour ?

Globalement, la RDC a réuni l'essentiel de cartes, car le taux de réalisation des mesures visant à rendre le programme de référence avec le FMI satisfaisant et les actions préalables pour la conclusion du programme formel avec ce dernier sont assez avancés. Ont déjà été réalisées entre autres, la publication des nouveaux contrats miniers ainsi que la soumission au Parlement de la Loi de Finances 2021 réaliste avant fin octobre 2020, avec un budget de 7,0 milliards $, des 6,9 milliards $ estimés par le FMI.

Toutefois, le gouvernement et la BCC travaillent d'arrache-pied pour assurer un respect total des autres mesures en cours de réalisation telles que : le renforcement du suivi de la dette extérieure des entreprises publiques par une loi ou un texte réglementaire contraignant la transmission des données sur la dette à la Directeur générale de la dette publique (cette exigence est prise en charge par un arrêté interministériel qui sera signé incessamment) ; l'assurance du financement du budget 2020 à fin décembre courant (appui budgétaire et rationalisation des dépenses). Il est à noter que la volonté du gouvernement demeure le non financement monétaire du déficit public du Trésor. En plus, un effort a été fait et cela a permis la mobilisation d'un appui de la Banque africaine de développement (BAD).

S'agissant particulièrement des mesures préalables à la négociation dudit programme triennal soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), il convient de noter que plusieurs mesures ont été réalisées, à l'exception de certaines exigences qui sont en cours de réalisation, à savoir : la désignation d'un nouveau Conseil de la Banque et des vices gouverneurs ainsi que des commissaires aux comptes conformément à la Loi organique de 2018 portant fonctionnement et organisation de la BCC ; la communication de la matrice des reformes à moyen terme. Celle-ci a été déjà finalisée au niveau technique et transmise aux autorités pour approbation avant d'être communiqué au FMI. A la lumière de tout cela, nous estimons donc que la RDC est bien engagée pour la conclusion d'un programme triennal appuyé par la FEC.

Sur le plan monétaire, le franc congolais qui s'est fortement déprécié l'an dernier commence tend à se stabiliser, mais les incertitudes demeurent. Quelle stratégie pensez-vous pour garantir le maintien de la stabilité macroéconomique en 2021, après une récession de -1,7% en 2020 ?

De prime à bord, qu'il me soit permis de relever que lorsque l'on considère la situation annuelle à fin décembre 2020, l'on note une dépréciation du franc congolais de 15,2 %. Cela reste énorme bien évidemment par rapport au taux de dépréciation de 2,2 % enregistré en 2019. Dans un contexte extrêmement difficile lié aux effets de la pandémie de Covid-19, le retour à la stabilité a été rendu possible grâce à la mise en œuvre d'une batterie de mesures. Si ces dernières n'avaient pas été prises, la dépréciation de la monnaie nationale se situerait au-delà de 30 % à fin décembre. Sur le marché des biens et services, le taux d'inflation serait bien supérieur à 40%.

La seule stratégie pour pérenniser cette stabilité notamment en cette année 2021 demeure celle basée sur la combinaison de plusieurs mesures, impliquant à la fois le gouvernement et la BCC.

Pour le gouvernement, il s'agira d'élaborer un plan de trésorerie réaliste et cohérent avec le plan d'engagement ; respecter ce plan de façon strict ; poursuivre l'application des dispositifs du pacte de stabilité en s'abstenant d'envoyer à la BCC des ordres de paiement en l'absence d'une provision préalable ; opérationnaliser les bons du Trésor indexés à partir de janvier 2021, pour accroître l'attractivité de cet instrument et ainsi permettre à l'Etat de lever des fonds sur le marché intérieur afin de financer ses projets notamment d'investissement ; accélérer de la mise en œuvre des mesures retenues comme préalables à la conclusion du programme à moyen terme avec le FMI et la Banque Mondiale ; mettre en œuvre les différentes réformes structurelles initiées à ce jour pour davantage booster la production et assurer l'import-substitution.

Pour la BCC, les principales actions seraient de maintenir le verrou central du dispositif mis en place dans le cadre du pacte de stabilité, en ce qui concerne l'exécution sur base caisse des dépenses publiques ; accélérer le processus relatif à la réforme du cadre de la politique monétaire et de change ; préserver l'équilibre entre l'offre et la demande de liquidité par la poursuite d'une politique monétaire et de change prudente.

A l'ONU, le président Félix Tshisekedi demandait récemment une « annulation totale » de la dette pour les pays en développement pour les aider à surmonter la pandémie. Quel impact aurait une éventuelle annulation sur le système financier congolais ?

Le maintien de la stabilité de la monnaie nationale est difficile dans un environnement marqué par l'effritement des réserves de change. En effet, cela prive la BCC des moyens nécessaires pour organiser la riposte, en termes d'intervention directe ou indirecte sur le marché des changes, pour contrer les tensions y observées et ainsi corriger certains déséquilibres de la balance des paiements.

En 2010, lorsque le pays avait accédé au point d'achèvement de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, il avait bénéficié de l'annulation d'une bonne partie de sa dette extérieure, avec un élément commun de réduction, pour tous les créanciers, situé à 83 %. C'était ainsi environ 8,0 milliards $ qui avait été annulés. Cela avait permis au pays de renforcer son matelas de devises. Celles-ci avaient alors évolué jusqu'à atteindre un pic de 1 880,0 millions $ en mars 2014. Et, entre 2010 et 2015, nous avions alors enregistré une période de stabilité remarquable avec des taux de changes et d'inflation ne dépassant pas les 2 %. L'activité des banques s'en était également ressentie.

A fin 2019, le stock de la dette extérieure est évalué à près de 3,7 milliards $. En 2020, un service de la dette extérieure d'un total de 151,0 millions a été effectué jusqu'au 15 décembre 2020.

Vous comprenez par là qu'une annulation de la dette extérieure de la RDC, aurait permis un accroissement de nos réserves, toute chose étant égale par ailleurs, de ce montant payé en 2020. Ce qui aurait pour effet, de disposer d'un peu plus de marge de manœuvre pour intervenir directement ou indirectement sur le marché. En outre, cette annulation aurait pour effet également de solidifier davantage le système bancaire sur la base du fait que les banques notamment auront la possibilité de rencontrer certains de leurs besoins financiers en cas de recours à la BCC.

Est-ce le moyen par excellence pour aider le pays à se relever ?

Clairement, l'annulation de la dette ne suffit pas à elle seule pour le relèvement de l'économie congolaise. Lorsque vous considérer par exemple, le besoin annuel en termes d'importations des biens et services, cela va largement au-delà de l'enveloppe dédié au remboursement annuel de la dette extérieure et voire même du stock global de cette dette.

Le relèvement de l'économie nécessite des investissements importants notamment dans les infrastructures de base où le pays accuse un retard monumental. L'économie se concentre vers le secteur primaire, en produisant et surtout exportant des biens à faible valeur ajoutée, les secteurs secondaire et tertiaire sont relativement laissés pour compte. Conséquence, le pays dépense énormément pour satisfaire ses besoins immédiatement liés à ces deux secteurs. C'est ainsi qu'au niveau de la balance des paiements, vous retrouverez des comptes comme celui des services qui constitue une véritable source de sortie des devises vers l'étranger, suite à l'inexistence d'infrastructures pouvant permettre au pays d'exporter du service.

Il faut absolument développer l'import-substitution afin d'arrêter l'hémorragie de la fuite des capitaux vers l'étranger, en mettant en œuvre les réformes structurelles pourtant déjà identifiées et qui continuent de souffrir de manque de concrétisation.

Où en est le processus de restructuration de la BCC ?

Depuis 2004, la BCC s'était lancée dans un vaste programme visant sa propre restructuration et la restructuration du système financier national. Ce programme était articulé autour de trois axes majeurs que sont : la recapitalisation, la restructuration et la réorganisation (les 3R).

Le processus de recapitalisation prévu en deux étapes est régi par la convention ad hoc signée en février 2011 entre le Gouvernement et la BCC, ainsi que l'avenant signé en juillet 2012. S'agissant particulièrement de l'augmentation du capital de la BCC à 213,0 milliards de francs congolais (CDF), soit 1,75 % du PIB, cela devrait se faire par l'incorporation de la plus-value de réévaluation des immobilisations pour un import de 109,0 milliards de CDF et par l'apport des capitaux frais à hauteur de 104,0 milliards de CDF. La nouvelle loi organique de la BCC a déterminé les 213,0 milliards comme capital de la Banque. Mais, un autre cadre législatif pour l'incorporation dans le capital de la plus-value de réévaluation des immobilisations, est nécessaire. La difficulté majeure reste l'apport des capitaux frais par le gouvernement eu égard à la modicité de ses ressources. Un groupe de travail ad hoc avait été mis en place par le ministère des Finances en vue d'examiner ensemble avec la BCC les modalités de sa mise en œuvre.

Cette opération de recapitalisation implique une restructuration du bilan de la BCC. A ce jour, malgré un contexte difficile, je suis heureux d'affirmer que la BCC n'enregistre plus de pertes d'exploitation et qu'elle a arrêté d'enregistrer le déficit de Trésorerie depuis 2013. Cette restructuration de bilan a consisté avant tout dans la réforme du régime des retraites et le recentrage de la BCC sur ses missions essentielles. La finalité est de maîtriser des charges opérationnelles. Et nous y sommes tant bien que mal arrivés. Reste la consolidation de cet acquis.

Plusieurs autres aspects sont à relever dont la réorganisation interne des services en 2009, par la réduction du nombre d'organes, la réforme du régime de retraite complémentaire ou la réduction d'autres charges opérationnelles. Sur le plan de l'amélioration des recettes de la BCC, des réformes ont été entreprises pour optimiser le placement en devises et la Redevance du Suivi de change.

Par ailleurs, la loi organique n° 18/027 du 13 décembre 2018 portant organisation et fonctionnement de la BCC a intégré toutes les actions liées à la réorganisation et à la recapitalisation. Sa mise en œuvre incombe à la BCC, au Gouvernement et au Parlement. Pour structurer toutes les actions y afférentes, nous avons mis en place, début 2019, un plan d'actions qui précise les cibles, les responsabilités internes et externes ainsi que les échéances. Sa mise en œuvre a toutefois été entravée par la crise sanitaire mondiale liée au Covid-19. Cependant, nous pouvons affirmer que la restructuration de la BCC est en train de se poursuivre, en dépit de nombreuses contraintes financières auxquelles nous faisons face.

Après une année 2020 marquée par une crise mondiale inédite, comment se porte le système bancaire congolais ?

Les effets néfastes de cette pandémie, qui a entrainé des chocs à la fois sanitaire et économique, ne peuvent être sans conséquences sur le secteur bancaire national étant donné leur corrélation. Je puis affirmer qu'à la faveur des mesures prises par la BCC en mars 2020 pour atténuer l'impact de la crise sanitaire sur l'activité économique et garantir la continuité des services financiers, le secteur bancaire est demeuré résilient.

Au regard des derniers chiffres du mois de novembre, les activités au sein de ce secteur ont connu une croissance de 19,32 % par rapport à l'année 2019. Cette croissance est de 16,29 % en se référant au mois de mars 2020 où le premier cas de coronavirus a été détecté en RDC. Les dépôts collectés par le secteur bancaire à fin novembre 2020 ont atteint un volume global de 7 362,20 millions $, en hausse de 20,05 % par rapport à leur niveau de décembre 2019 et de 17,18 % par rapport à mars 2020. Quant aux crédits bruts, ils affichent une hausse de 4,53 %, s'établissant à 3 535,75 millions $ contre 3 382,63 millions en décembre 2019 ou 3 496,33 millions en mars 2020. L'évolution des prêts accordés aux secteurs alimentaire et pharmaceutique, qui constituent un point d'attention, a été stable entre mai 2020 et novembre 2020.

Dans un contexte de crise, le secteur a quand même dégagé à fin novembre 2020, un résultat provisoire positif évalué à 67,38 millions $ contre 94,51 millions à fin décembre 2019.

Quid de la situation prudentielle ?

La situation prudentielle du système bancaire reste satisfaisante avec des ratios de solvabilité Tier 1 et globale situés respectivement à 11,05 % et 13,27 % à fin novembre 2020, légèrement en baisse par rapport à mars 2020 où ces ratios étaient respectivement de 11,95 % et 14, 23 %. La liquidité globale, en monnaies nationale et étrangères ressortent respectivement de 165,48 %, 387,10 % et 151,86 %, supérieurs au minima requis de 100 %.

Le système reste donc globalement stable. Néanmoins, il sied de relever quelques points d'attention, notamment le phénomène de « de-risking » qui pèse sur l'ensemble du système financier à cause de la faible observance des règles en matière de conformité et de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Je vous garantis que la BCC s'est résolument engagée, dans une approche avant-gardiste, trempée dans la culture-risque qui nous caractérise depuis quelques années, à poursuivre les réformes structurelles qui s'imposent.

Le Président Tshisekedi a récemment décidé de la création d'une Société Nationale d'Investissement (SNI) qui servira d'appui au secteur privé. Quel rôle joue la BCC dans la mise en œuvre de ce projet ?

En amont, dans son rôle de Conseiller économique du gouvernement et d'Autorité de régulation et de contrôle du système financier, la Banque Centrale du Congo a assisté les autorités dans l'élaboration de la mouture de ce projet, en particulier en se rassurant de ce que les aspects relatifs à la gouvernance et à la gestion des risques tiennent compte des textes légaux et réglementaires en vigueur.

En aval, il s'agira de se rassurer que ce nouveau véhicule de financement s'intègre bien au paysage financier existant et que les instruments et outils dont elle dispose lui permettent d'atteindre ces objectifs en termes de financement de l'économie, en général, mais en particulier en termes de promotion du développement des secteurs porteurs, tout en tenant compte du genre et de la jeunesse de la population-cible. En outre en tant qu'autorité de régulation, la Société Nationale d'Investissement devra être assujettie à la règlementation et au contrôle de la BCC.

Quelle serait l'étendue des prérogatives de cette nouvelle institution ?

La SNI jouera le rôle d'instrument du gouvernement pour la promotion de l'entreprenariat. Concrètement, le financement qu'elle accordera servira au soutien de l'activité économique via l'accompagnement des petites et moyennes entreprises (PME). Les activités génératrices de revenus ayant un impact positif sur l'atteinte des objectifs de développement durable (ODD), avec un focus sur l'autonomisation de la femme ainsi que la mise en valeur de la jeunesse et, de façon plus générale, la réduction de la pauvreté, seront privilégiées. Bien entendu, la promotion de la petite industrie bénéficiera d'une attention particulière.

S'agissant des secteurs-cibles, les premiers à soutenir sont ceux dont le concours à une croissance économique inclusive est indéniable, en l'occurrence l'agriculture au sens large (y compris la pêche et l'élevage) avec un accent sur les filières agropoles. La RDC étant une terre d'avenir, l'entrepreneuriat dans le secteur de l'économie verte, des nouvelles technologies financières et l'e-Development sera vivement encouragé. Enfin, le domaine des infrastructures de transport (routes, chemins de fer...) est à appuyer fortement au regard de son impact sur le développement global.

En ce qui concerne les solutions de financement qui seront proposées, la SNI pourra intervenir en matière de prêts, de garanties/assurances, de renforcement des fonds propres, de participation au capital, d'accompagnement (développement des activités au niveau local ou à l'international, notamment pour les entreprises à rentabilité faible). L'idée est de leur fournir soit un accès direct à un financement à des conditions avantageuses, soit d'améliorer leur situation comptable afin de leur permettre de lever des fonds dans le système bancaire classique.

Pour ce qui est des ressources, la SNI bénéficiera, à terme, de l'appui de l'Etat, des partenaires privés locaux désireux d'investir leurs mises et éventuellement des partenaires extérieurs tels que la BAD, l'Agence Française de Développement (AFD), la Société Financière Internationale, bras financier de la Banque mondiale, ou encore de banques régionales telles que la TD-Bank ou encore AfreximBank.

Dans la même veine, d'autres ressources permanentes proviendraient de l'émission de bons d'investissements auxquels les banques commerciales, les sociétés d'assurance, certaines institutions financières de l'Etat (FPI, CNSSAP, CNSS) ou des entreprises publiques pourraient souscrire. En outre, l'instauration d'un « Fonds Commun de Solidarité », au sein de la SNI, alimenté par une fraction du taux d'intérêt que la SNI facturera à chaque client ainsi que les contributions des partenaires au développement, facilitera l'octroi des contre-garanties au système bancaire classique pour stimuler les crédits aux PME. Enfin, la participation de la SNI au capital de certaines entreprises, source à court ou moyen terme des dividendes, servira à des investissements ou des placements fructueux.

La BCC a récemment décidé de dissoudre la BIAC. Une décision cependant très critiquée. D'aucuns pensent que la Banque Centrale aurait dû tout faire pour sauver cette banque commerciale historique, le personnel réclame l'implication du Président Tshisekedi quant à leur sort, etc. Qu'est-ce qui motive votre orientation actuelle ?

Votre question me donne l'occasion de réaffirmer ma conviction profonde : la décision de dissoudre la BIAC reste opportune. Je vous informe que cette banque faisait l'objet d'une vigilance particulière de la Banque Centrale depuis 2008. Et depuis, sa situation générale n'a fait que se détériorer au point de devenir préoccupante et ceci, nonobstant les différentes missions de contrôle, dont les rapports ont relevé les faiblesses suivantes : une insuffisance des fonds propres par rapport aux immobilisations corporelles traduisant ainsi le financement des actifs immobilisés par les dépôts de la clientèle ; un risque élevé de vulnérabilité de la banque consécutif à la concentration des risques autour des principaux clients que sont les sociétés du Groupe Blattner Elwin (GBE) ; une absence de clarification sur les actionnaires, notamment Sofia S.A., actionnaire majoritaire et Chanterette Entreprises, ainsi que le manque de leurs états financiers ; une situation financière précaire nécessitant une attention particulière des actionnaires et une insuffisance des fonds propres par rapport au niveau des risques requérant une augmentation urgente du capital ; l'octroi d'importants crédits, évalués à plus ou moins 60 millions $, aux sociétés GBE ; l'attribution des pouvoirs étendus au Président Administrateur Délégué au risque de le confondre au Conseil d'Administration et l'immixtion de Monsieur Elwyn Blattner dans la gestion courante.

Toutes ces faiblesses ont conduit la BCC à formuler des recommandations afin de rétablir le respect des normes prudentielles, veiller à l'augmentation du capital, limiter la concentration de risques de crédit au Groupe BLATTNER et apparentés, transmettre sans délai à la BCC le rapport annuel de l'actionnaire majoritaire et veiller à la séparation des pouvoirs entre organes délibérant et exécutif.

Malgré de multiples rappels de l'Autorité de régulation et de contrôle, la BIAC n'a jamais mis en place un plan de redressement qui devrait tenir compte de différentes recommandations lui formulées. Au contraire, la gestion calamiteuse avait entraîné une crise aigüe de la liquidité au sein de la BIAC, laquelle menaçait la stabilité du système bancaire congolais.

C'est ainsi que la BCC intervenait régulièrement à travers le refinancement auprès de ses guichets pour des montants très importants afin de permettre à la BIAC d'assurer le remboursement des dépôts de sa clientèle et éviter ainsi un mouvement de panique dans le secteur bancaire à cause de son insolvabilité.

Fort de ce constat et conformément à l'article 39 de la Loi n°003/2002 du 02 février 2002 relative à l'activité et au contrôle des Etablissements de Crédit, la BCC n'avait d'autres choix que de mettre la BIAC sous gestion d'un comité d'Administration Provisoire, décision intervenue le 30 mai 2016, en vue d'assurer une bonne gestion de cette banque, d'élaborer un plan de redressement crédible ou de proposer éventuellement la liquidation de la banque et partant, de sauvegarder les intérêts des épargnants.

Je dois assurer ici que l'ambition affichée de l'Autorité de régulation et de contrôle bancaire a toujours été la sauvegarde de l'activité de cette banque et celle-ci peut se faire via la sauvegarde de l'entité économique au détriment de l'entité juridique qui serait vouée dans ce cas, à la liquidation.

Justement, il y a quelques années, vous vous opposiez à la dissolution de cette banque malgré ses déboires. Qu'est-ce qui a changé ?

Nous étions dans cette posture, étant donné que les actionnaires Blattner de la BIAC n'ont pas manifesté un intérêt évident pour le redressement de cette banque, en dépit des prédispositions de la BCC à apporter à la BIAC l'opportunité de se redresser. Il nous a fallu explorer d'autres voies possibles pour le redressement de cette banque, notamment étudier toutes les sollicitations pour la reprise de la BIAC par les multiples investisseurs qui n'ont malheureusement pas abouti en raison entre autres des prétentions exorbitantes des actionnaires.

Face à cette situation et dans le but de protéger l'épargne du public et de préserver la stabilité du système bancaire congolais, il s'est avéré impérieux pour la BCC, en vertu des prérogatives lui dévolues par le Législateur au terme de la loi bancaire de décider, le 09 octobre 2020, du retrait d'agrément de la BIAC et en conséquence, sa liquidation.

Il est important, pour la Justice de notre pays, d'accompagner le liquidateur pour lui permettre d'exécuter sa mission en conformité avec les dispositions de la loi bancaire et au regard du caractère d'ordre Public que revêt cette décision de la BCC notamment la protection des déposants et la stabilité du système financier.

La décision de liquidation suppose que la banque ne peut plus être sauvée ou rachetée. Toutefois, il est possible pour d'autres institutions financières de racheter le patrimoine sain de la banque. Ce traitement peut se faire notamment par le transfert des petits déposants en les livres des banques qui détiennent des dettes envers la BIAC pour environ 16 millions au titre de créances découlant de la délocalisation de la paie des fonctionnaires et autres travailleurs bancarisés.

Comment envisagez-vous 2021 ? Etes-vous optimiste pour l'économie et le système monétaire congolais ?

Au regard de l'évolution observée en 2020, la façon dont nous avions réussi à retourner, en notre faveur, une situation économique qui était déjà catastrophique, je ne peux qu'être optimiste pour la suite des évènements et particulièrement pour notre économie et notre système monétaire en cette année 2021, dont les principaux objectifs seraient de pérenniser la stabilité acquise depuis le mois d'août 2020 et de relancer l'économie nationale.

La BCC devra poursuivre avec la mise en œuvre du pacte de stabilité pour consolider le cadre macroéconomique. Un contrôle rigoureux de la croissance de la base et de la masse monétaire sera effectué en vue de permettre d'équilibrer l'offre et la demande de la monnaie nationale et des devises sur les marchés. Les banques commerciales devront tirer profit de la hausse des cours de principaux métaux exportés par le pays qui leur permettra d'engranger beaucoup de dépôts en devises pour accroitre le financement de l'économie.

Cependant, il y a des pesanteurs à ne pas négliger dans l'évolution future de notre économie. Il s'agit des facteurs de risque qui peuvent contribuer à déstabiliser le cadre macroéconomique. Au plan interne: le risque d'emballement des prix intérieurs et du taux de change, aux deux premiers mois de l'année 2021, suite à la pression sur la demande des devises liée à la reconstitution des stocks par les opérateurs économiques après les festivités de fin d'année ; le risque d'un recul de l'activité économique, en cas de la persistance des effets néfastes du Covid-19 ; le risque d'une crise des finances publiques en cas de faible mobilisation des recettes publiques et d'absence d'appuis extérieurs budgétaires, de faible attractivité des bons du Trésor et de forte pression sur les dépenses publiques, notamment les dépenses courantes. Au plan externe, il s'agit du risque de forte contraction de l'activité économique mondiale du fait de la persistance de la crise de covid-19 et de la chute des investissements étrangers ; la survenance d'un choc sur les cours des matières premières pouvant entrainer la chute de nos recettes extérieures et/ou un déséquilibre de la balance des paiements.

Eu égard à ces facteurs de risque, je crois qu'il est indispensable de mettre en action notamment les mesures que j'ai relevées à pour le maintien de la stabilité. Du reste, la politique monétaire mise en œuvre devrait demeurer prudente afin de contenir les pressions éventuelles sur les différents marchés, tout cela sur fond d'une coordination renforcée des politiques conjoncturelles.

Enfin, tout en maintenant une relation étroite avec tous les intermédiaires financiers et non financiers évoluant en RDC, nous continuerons à jouer notre rôle de garant de la stabilité du système monétaire congolais.

Propos recueillis par Ristel Tchounand.

 


Transformation numérique : Raxio lance un troisième centre de données en RDC

FODABI | 02:58 | 0 commentaires


Première structure de données de niveau III neutre vis-à-vis des opérateurs dans le pays, Raxio Kinshasa est le troisième centre de données du portefeuille du groupe en Afrique, qui compte Raxio Ouganda et Raxio Ethiopie.

Le groupe Raxio, développeur et exploitant de centres de données panafricains, vient d'annoncer la création de Raxio Kinshasa et son investissement dans cette première installation parmi une série de centres de données de pointe, privés et neutres vis-à-vis des opérateurs en République démocratique du Congo (RDC)..

Opérationnel dès le second trimestre 2022, Raxio Kinshasa offrira à ses clients « un environnement optimisé pour leur équipement informatique, au sein d'une installation de pointe conçue selon les principes métropolitains de périphérie », explique un communiqué de la société de portefeuille appartenant à la société de placement américaine Roha Group.

La future installation de 1,5 MW avec 400 racks (les bais), permettra notamment à ses utilisateurs d'établir des connexions croisées avec des opérateurs locaux et internationaux.

Raxio Kinshasa est le troisième centre de données du portefeuille du groupe Raxio, qui compte Raxio Ouganda - construit en périphérie de Kampala - et Raxio Éthiopie, dont la construction a démarré un peu plus tôt cette année à Addis-Abeba.

Le groupe prévoit également de réaliser 10 à 12 investissements en matière de centres de données à travers l'Afrique afin de répondre à la demande accrue de stockage local et d'hébergement de données dans cette zone géographique.

L’État congolais tente de récupérer les biens immobiliers qui lui ont été volés.

FODABI | 14:48 | 0 commentaires
La revue française Acteurs Publics révèle qu’en RD Congo, l’État tente de reprendre la main sur un nombre important de logements et bâtiments qui lui appartiennent et que des privés se sont accaparés illégalement.
 
Selon les chiffres du secrétariat général à l’urbanisme et à l’habitat, cités par la revue, l’État possèderait 8416 unités de logement à travers le pays, d’après des statistiques datant de 2004.
 
« Cependant, en 2012, ce patrimoine s’est effrité. Rien que pour la ville de Kinshasa, ce patrimoine est passé de 788 à 742 immeubles. Soit la perte de 46 logements due pour l’essentiel aux ventes, cessions, spoliations diverses. » déclare Fridolin Kasweshi, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Infrastructures, des Travaux publics et de la Reconstruction.
« Il y a spoliation à grande échelle…
 
Le mal est très profond et ceux qui sont chargés d’endiguer ce fléau doivent s’armer de beaucoup de courage face à tous les obstacles rencontrés et aux astuces utilisées.»poursuit le ministre qui dit envisager des poursuites judiciaires contre tous les fonctionnaires complices de ces actes.

Orange fête son premier anniversaire en RDC

FODABI | 14:39 | 0 commentaires
C’est le mardi 03 décembre, à l’hôtel Memling, qu’Orange RDC a reçu ses invités ainsi que la presse pour célébrer l’an un du lancement de ses activités dans le pays.
C’est le 05 décembre 2012 que la marque commence  à proposer ses services en République démocratique du Congo et depuis, plus de 2,6 millions d’abonnés lui font confiance au quotidien. Aujourd’hui, Orange a ouvert 6 boutiques et plus de 22000 points de ventes sur toute l’étendue du territoire national et, comme annoncer dès son lancement, elle a étendu son réseau de « villes 3G+ » avec Kinshasa, Matadi, Goma, Bukavu et Lubumbashi.
Malgré quelques difficultés rencontrées au cours de son année d’activité : insuffisance d’énergie (électricité), obligation de former le personnel dans tous les métiers afin de  remonter les compétences, le régime fiscal lourd, les tracasseries administratives…, Monsieur Jean-Léon Bonnechère, directeur général d’Orange-RDC, a jugé son bilan positif.
C’est ainsi qu’en ce jour d’anniversaire et en cette fin d’année, de nombreux cadeaux sont offerts aux abonnés.
En effet, Orange organise une grande tombola en plus du lancement de nouvelles offres promotionnelles : la Tablette la moins chère du marché : Alcatel EVO HD au prix de 250000 FC, des téléphones, des clés internet, des dominos et des Flybox jusqu’à moins de 50%….
Sont aussi prévus des repas de noël organisés dans toute la République Démocratique du Congo pour redonner le sourire aux enfants défavorisés ainsi que des cadeaux pour ceux-ci et enfin deux grands concerts populaires et gratuits pour clôtures ces festivités.
La conférence de presse s’est achevée  par la dégustation d’un gâteau aux couleurs d’Orange ainsi que par la remise de cadeaux à la presse venue couvrir l’événement.

Après avoir dit « Bonjour » à la population Congolaise lors du lancement de ses activités, Orange tient à leur dire « Merci » pour avoir fait confiance à son expertise et son savoir-faire.
Nira Masumbuko,
Direct.cd

La Chine annonce qu’elle va cesser d’acheter du dollar américain (The Economic Collapse)

FODABI | 14:33 | 0 commentaires
Par cette annonce, la Chine a fait l’effet d’une véritable bombe, mais elle a été quasiment entièrement passée sous silence par les médias « mainstream » aux USA. La Banque Centrale de Chine a décidé qu’ « il n’était plus dans l’intérêt de la Chine d’accumuler des réserves de devises étrangères ». Au 3ème trimestre 2013, les réserves en devises étrangères ont été estimées à environ 3,66 trillions de dollars. Et bien sûr, la majeure partie de ces réserves sont en dollars US. Pendant des années, la Chine avait accumulé des dollars et s’est attelée à garder haute la valeur du dollar et basse celle du yuan ! L’un des buts de cela est de rendre les produits chinois moins chers sur le marché international. Mais à présent, la Chine a annoncé que le temps était venu d’arrêter de faire des réserves en dollars US. Et bien que ça ne soit pas encore le cas, nombre d’analystes américains pensent que la Chine pourrait également bientôt arrêter d’acheter de dettes US. Inutile de préciser que tout cela pourrait être très mauvais pour les USA.
Pendant des années, la Chine maintenait haut la valeur du dollar américain et artificiellement basse celle du yuan. Ceci a généré une affluence massive des produits chinois bon marché à travers le Pacifique que les consommateurs américains se sont empressés d’engloutir.
Par exemple, avez-vous été dans une boutique à 1 dollar (Boutiques Tout à 1 dollar) et vous êtes-vous posé la question comment peut-on faire des bénéfices en confectionnant des produits et en le vendant à 1 dollar ?
La vérité est que lorsque vous retournez ces marchandises vous réalisez qu’elles ont toutes été faites hors des Etats-Unis. En fait, les mots « Made in china » sont probablement les mots les plus communs dans toute votre maisonnée si vous êtes un « américain type ».
Grâce au commerce massif et déséquilibré que nous avons eu avec la Chine, des dizaines de milliers de nos affaires et de nos emplois ainsi que des trillions de nos dollars ont quitté ce pays (les USA, ndt) pour rejoindre la Chine.
Et maintenant, la Chine a apparemment décidé qu’il n’y a plus lieu de vider davantage ce qui reste de notre économie et qu’il était le temps de laisser le dollar US s’effondrer. Comme mentionné plus haut, la Chine a décidé de ne plus faire de stock de devises étrangères…
La Banque Populaire de Chine a dit que le pays ne tire plus aucun bénéfice des hausses de ses parts en devises étrangères, d’autant que les décideurs vont freiner les transactions en $, ce qui limitera l’appréciation du yuan.
« Ce n’est plus dans l’intérêt de la Chine d’accumuler des réserves en devises étrangères » a dit Yi Gang, un député gouverneur à la Banque Centrale, lors d’un discours organisé par China Economist 50 Forum hier à l’Université Tsinghua. L’autorité monétaire va « essentiellement  mettre un terme à l’intervention dans le marché des devises élargir le champ des échanges quotidiens en yuan », a écrit le gouverneur Zhou Xiaochuan dans un article paru dans un manuel expliquant les réformes exposées la semaine dernière suite au meeting du Parti Communiste. Ni Yi ni Zhou n’ont donné de délais quant à ces réformes.
Ça ne va pas arriver du jour au lendemain, mais la valeur du dollar américain va commencer son déclin, et tous ces produits bon marché que vous avez l’habitude d’acheter au Wal-Mart [enseigne d’hypermarchés américains, ndt] et dans les boutiques à 1 dollar, vont devenir plus chers.
Mais bien plus importante est ce que dernière mesure peut signifier pour la dette du gouvernement américain. Comme la plupart des Américain le savent probablement, nous sommes lourdement dépendants de nations étrangères comme la Chine qui nous prête de l’argent.
En ce moment même, la Chine possède près de 1,3 trillion de dollars de notre dette. Malheureusement, comme l’a noté CNBC, si la Chine arrête d’accumuler notre devise monétaire, alors il est fort probable qu’elle cesse également d’accumuler notre dette…
Les analystes voient ceci comme une allusion du PBoC [Banque Populaire de Chine] de laisser sa devise (le yuan) fluctuer, sans intervention, et donc écartant le besoin de maintenir de larges réserves de dollar américain. Et si le dollar n’est plus indispensable, alors ça peut juguler ses achats des actifs en dollars comme U.S Treasurys.
« S’ils cherchent à réduire de plus en plus ces achats, vous devriez alors regarder qui sera l’acheteur potentiel » a déclaré à la CNBC Richard McGuire, un stratège de taux à Rabobank dans une interview.
« Ensemble, avec la Réserve Fédérale réduisant ses achats obligatoires, ceci a le potentiel d’accentuer la tendance à la baisse à la perspective de long-terme sur les Bons du Trésor américains »
Alors, qui va acheter toutes nos dettes ?
C’est une très bonne question.
Si la Réserve Fédérale commence à réduire ses achats obligatoires et la Chine arrête d’acheter notre dette, qui va remplir le vide ?
S’il y a significativement moins de demande pour les actions en cours du gouvernement, cela va provoquer une hausse radicale des taux d’intérêt. Et si ceux-ci augmentent radicalement de qu’ils sont maintenant, cela va mettre en place le scénario du cauchemar que je n’ai pas arrête d’évoquer.
Dans un précédent article intitulé « Comment la Chine peut provoquer la mort du dollar et l’ensemble du système financier américain », j’ai décrit comment la Chine toute seule pourrait provoquer l’anéantissement de l’économie américaine.
La Chine aspire à davantage de commerce global que n’importe qui et détient de notre dette plus que toute autre nation. Si elle commence à se décharger de nos dollars et de notre dette, beaucoup d’autres pourraient suivre l’exemple et nous en souffrirons.
Et rien que cette semaine, il y a eu une autre déclaration majeure qui indique que la Chine se tient prête à prendre une mesure phare contre le dollar américain. Selon Reuters, les cours du pétrole brut peuvent bientôt être évalués en yuan au Shanghai Futures Exchange…
Le Shanghai Futures Exchange (SHFE) pourrait évaluer les futurs contrats de pétrole brut en yuan et utiliser le brut aigre moyen comme point de référence, a déclaré son Président mardi, ajoutant que la Bourse est en train d’accélérer le travail préparatoire pour garantir les approbations régulatrices.
La Chine qui a dépassé les Etats-Unis comme le 1er importateur de pétrole du monde en septembre, espère que le contrat deviendra le point de référence en Asie et permettra ainsi aux investisseurs étrangers de négocier les contrats sans mettre en place de filiale locale.
Si ça se produit, ça sera absolument énorme.
La Chine est l’importateur de pétrole numéro 1, et ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne commence à défier ouvertement le pétrodollar.
Tout de même, je ne pensais pas que nous verrions quelque chose comme cela aussi vite.
Le monde est en train de changer et la plupart des Américains n’ont absolument aucune idée de ce que cela va signifier pour eux. Comme la demande pour le dollar américain et la dette américaine va decrescendo, les choses que nous achetons vont coûter un peu plus, notre niveau de vie va décliner et il deviendra beaucoup plus cher pour chacun (y compris pour le gouvernement) d’emprunter de l’argent.
Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à faire à ce stade. Quand ça vient à l’économie, la Chine a joué aux Jeux d’échecs pendant que les Etats-Unis étaient en train de jouer au Jeu de Dames. Et maintenant, des décennies de très, très imprudentes décisions sont en train de nous rattraper.
La prospérité illusoire dont jouissent la plupart des Américains va bientôt commencer à se dissiper et ils n’auront aucune idée pourquoi c’est en train d’arriver.
Les années à venir vont être dures, et j’espère que vous vous y tenez prêts.
Auteur : Michael Snyder, l’éditeur du blog The Economic Collapse [L’Effondrement économique]
Traducteur : Joseph Oukaci
 
 

Budget des ménages : l'alimentation reste un poids lourd

FODABI | 10:57 | 0 commentaires
Le poste alimentation est considéré comme « dépense prioritaire » par 16% des ménages français les plus modestes, contre 11% six ans auparavant. Un poids dans le budget auquel peinent à faire face chômeurs comme travailleurs précaires, étudiants ou retraités.

Les derniers chiffres dévoilés par l'Insee en octobre sur les prix à la consommation ne sont guère rassurants : les prix de l'alimentation ont continué d'augmenter en France l'an dernier (+0.2% sur douze mois). Dans le détail, les produits alimentaires hors produits frais ont progressé de 0.6%, quand le prix des produits frais a diminué de 2.4%. Sont notamment montrés du doigt riz, pâtes et café, ces produits alimentaires « de première nécessité » dont le taux de TVA devrait rester à 5.5% au 1er janvier. Un moindre mal pour les ménages en difficulté. « Prenez l'exemple d'une femme qui vit seule avec ses deux enfants, qui veut conserver son logement, qui travaille à temps partiel et touche le Smic. Il est impossible que son budget tienne la route », explique Alain Seugé, président de la Banque alimentaire. Selon le ministère du Travail, la France comptait l'an dernier 4,2 millions de travailleurs à temps partiel (18.6% des salariés). Un chiffre qui a plus que doublé en trente ans. Cette population salariée a fait son apparition dans les épiceries sociales et associations d'aide depuis quelques années. « On s'éloigne de plus en plus du stéréotype du SDF ou du migrant démuni, poursuit Alain Seugé. Nous faisons face à un nombre croissant de personnes qui ont eu un accident de la vie et qui sont tellement près du minimum qu'au moindre incident, elles basculent en situation de précarité si elles ne sont pas aidées immédiatement. »
27% du budget des ménages en 2012
L'an dernier, le panier moyen des ménages français a atteint son record historique, selon l'observatoire Familles rurales, à 138,63 euros (+1.37% sur un an). Pour le président de la Banque alimentaire, pourtant, le problème est ailleurs. « Quelqu'un qui gagne 800 euros par mois, qui a 500 euros de loyer, un abonnement téléphonique ou autres commence le mois avec moins de 200 euros, déplore Alain Seugé. Le problème n'est pas que les produits alimentaires soient trop chers, c'est le reste à vivre qui est insuffisant ». Plafonner le prix des pâtes, du riz ou du café ? « C'est utopique, dans une économie libérale, de croire au retour à un contrôle des prix tel que je l'ai connu adolescent », coupe t-il. Quoiqu'il en soit, la baisse du pouvoir d'achat en 2012 (-0.9%) n'a pas aidé les ménages. L'an dernier, selon l'association Unaf/Familles de France, les Français ont consacré 732 euros par mois à l'alimentation*. Soit 27% du budget total du foyer, juste derrière le logement (738 euros mensuels). Toujours d'après l'Unaf, au deuxième trimestre 2013, la part de dépenses consacrée par les ménages à l'alimentation a augmenté de 3% par rapport à 2012. Le prix des légumes et fruits a notamment bondi de 5.8% et de 12.6%. 
Benjamin Hay
Fotolia - © Minerva Studio
*Pour une famille comprenant deux adultes et deux enfants de 6 et 12 ans.
 
La Banque alimentaire se mobilise
Les 29 et 30 novembre, la Banque alimentaire organise sa collecte nationale annuelle. Le point d'orgue du travail de ses 5 000 bénévoles « qui se lèvent tôt tous les matins, tous les jours de l'année » insiste son président Alain Seugé. « Une fois par an, on demande à toute la société de se réveiller », explique t-il. Tout don (nourriture mais aussi produits d'hygiène et de soin) sera le bienvenu. Les associations partenaires de la Banque redistribueront ensuite les denrées, gratuitement ou contre un prix symbolique. L'an dernier, la Banque alimentaire a distribué l'équivalent de 200 millions de repas à ses 830 000 bénéficiaires.

Les salaires des politiques seraient impayables dans le privé

FODABI | 05:31 | 1commentaires
En plus de leurs salaires nets déjà enviables, les politiques bénéficient d’énormes avantages. Par exemple, la rémunération du Premier ministre Elio Di Rupo, qui atteint 137.724 euros par an, équivaudrait dans le privé à un traitement de 503.251 euros, révèle ce jeudi La Libre.
Dans son édition de ce jeudi, La Libre s’est demandée ce qu’une entreprise devrait payer pour qu’un salarié puisse gagner autant qu’un politique en salaire net. Pour ce faire, elle a fait appel à un secrétariat social, qui a préféré rester anonyme, pour effectuer les calculs sur base des salaires nets du monde politique établis par le Crisp (actualisés fin 2011, en partant d’une situation de personnes isolées sans charge de famille, n’ayant pas d’autres sources de revenus).

Le salaire brut a été reconstitué en ajoutant au net les charges sociales, le financement de la pension ou encore le coût de la mise à disposition de personnel d’entretien. Les résultats sont édifiants.
707.260 euros par an
S’ils étaient employés par une firme privée, le Premier ministre et ses vice-Premiers, qui gagnent chacun 11.477 euros par mois, coûteraient en réalité à une entreprise 503.251 euros par an par tête. Ces chiffres sont à peine supérieurs aux rémunérations des ministres wallons et fédéraux qui seraient respectivement de 502.163 euros et 490.127 euros.

Les Présidents de la Chambre et du Sénat, André Flahaut (PS) et Sabine de Bethune (CD&V), toucheraient encore plus. Rémunérés mensuellement 16.566 euros, leurs salaires équivaudraient dans le privé à 707.260 euros bruts annuels.

À côté de cela, le parlementaire de base, qui ne gagne "que" 5.729 euros par mois, coûterait "à peine" 232.903 euros par an à son employeur privé.
Photo : La Chambre. © BELGA

RD Congo : une société suisse accusée d'avoir traité avec des rebelles en 2005

FODABI | 04:09 | 0 commentaires
Pendant que la Guerre fait des ravages au Congo, pendant que les européens par la voix de l'Onu, donc des contingents africains essaient d'anéantir les rebelles et remettre la République démocratique du Congo sur les rails de la paix, une société suisse aurait entretenu des relations plus que complaisantes avec certains rebelles en rachetant de l'or recueilli illégalement par ces derniers.
 
  
L’ONG Trial révèle que la société suisse Argor-Heraeus est impliquée dans un transfert puis un traitement de plusieurs cargaisons d'or depuis le Congo, en passant par l'Ouganda, vers la Suisse. Trois tonnes d'or auraient ainsi été récupérés par la société Suisse. Le Ministère public suisse a ouvert une enquête pour « présomptions de blanchiment d’argent en relation avec un crime de guerre et de complicité de crime de guerre ». Il n'est bien évidemment plus à rappeler que les rebelles, grâce à l'argent récolté par la vente de cet or, ont pu racheter des armes et renforcer leurs positions dans le pays. Une précédente accusation portée contre la société suisse et d'autres sociétés africaines impliquées dans cet type de trafic n'avait abouti que contre les compagnies africaines. En clair, la société suisse s'en était tirée à bons comptes.

Comme dans bon nombre de guerre, les rebelles trouvent leurs forces soit dans le pillage des ressources, soit dans le financement étranger. Au Congo, pays au sous-sol immensément riche, l'or ne représente qu'une partie infirme des ressources disponibles, pouvant potentiellement servir de financement aux rebelles. Couper les financement et les différents soutiens étrangers permettraient de réduire significativement les capacités des groupes rebelles.
Argor Heraeus SA
Via Moree 14
6850 Mendrisio
Switzerland

Tel.    +41 91 640 53 53
Fax    +41 91 646 80 82
e-mail
info@argor.com
Web  www.argor.com
 

http://cgo-economie.blogspot.com/2013/11/rd-congo-une-societe-suisse-accusee.html

Katanga : les entrepreneurs dans le sillage des compagnies minières

FODABI | 20:20 | 1commentaires
 Géologues, ingénieurs, logisticiens, équipementiers, cuisiniers... Les besoins des miniers en personnel et matériel sont nombreux.

Avec la montée en puissance de l'activité minière dans la province, tant dans la ceinture de cuivre que dans de nouvelles zones, la demande en sous-traitance ne cesse d'augmenter. La plupart des miniers concentrant en effet leurs activités sur le traitement et la transformation des minerais de cuivre et de cobalt, ils confient les autres opérations à des sous-traitants, auxquels font appel plus particulièrement les sociétés telles que Tenke Fungurume Mining (TFM), Rio Tinto, Boss Mining ou Mutanda Mining, les compagnies chinoises et indiennes répondant le plus souvent elles-mêmes à leurs besoins.
Très segmenté, le marché de la sous-traitance minière est dominé par des étrangers. La vente d'engins miniers et de matériel de travaux publics est trustée par l'américain Caterpillar (qui représente aussi la marque Bell) et par Congo Equipment (coentreprise entre le français Tractafric et le sud-africain Barloworld). La location de matériel et la mise à disposition de personnel qualifié nécessaire aux opérations d'exploration et d'extraction (conducteurs d'engins, mécaniciens, électriciens...) sont assurées par les congolais Mining Company Katanga (MCK), Gécamines, Rulco et le belge Forrest, les plus importants, ainsi que par le sud-africain Swanepoel, le belge Mining Contracting Services Congo (MCSC) et quelques sociétés chinoises.
 
Éric Monga, un patron représentatif

Économiste de formation, Éric Monga, né à Lubumbashi en 1965, s'est lancé dans les affaires après quatre ans à la Banque centrale du Congo, puis trois comme conseiller d'Augustin Katumba Mwanke (alors gouverneur du Katanga). En 2001, il crée Trade Services, un bureau de conseil fiscal aux entreprises (qu'il assiste aussi dans leurs démarches auprès de l'administration), désormais doté de plusieurs succursales et, en 2008, la Société de surveillance minière (SSM), un laboratoire d'analyses minérales basé à Likasi. Après avoir dirigé le Comité professionnel des miniers du Katanga, Éric Monga a été élu, le 29 mars dernier, à la présidence du bureau provincial de la Fédération des entreprises congolaises (FEC-Katanga). M.D.
Étrangers
Si les compagnies minières ont leurs propres géologues, elles font aussi appel à des sous-traitants, dont le congolais Bascons et le sud-africain SRK Consulting, et recourent à des laboratoires d'analyse minérale et de surveillance environnementale locaux, dont les leaders sont la Société de surveillance minière (SSM) que dirige Éric Monga (lire portrait ci-contre), et le Labo Gac et Stewart.
La construction des usines est largement dominée par les étrangers, dont le sud-africain Group Five, New Baron & Lévêque International Afrique (filiale du groupe Forrest) et Mining Engineering Services Suppliers, filiale du groupe Somika. Ce dernier intervient également dans la fabrication de produits chimiques, notamment des acides, via Mining Chemical Suppliers. Ses concurrents sur ce marché sont Chemaf (filiale de Shalina Resources, basé à Dubaï), Ruashi Mining (filiale de Metorex) ou la Gécamines, qui produit aussi de la chaux, les importations étant quant à elles assurées par les compagnies minières elles-mêmes et par le belge Manuchar. La majorité des 9 000 trucks qui évacuent chaque mois les produits miniers vers les grands ports de la sous-région appartient à des sociétés tanzaniennes, sud-africaines et zambiennes. Limitée à quelque 400 camions, l'offre locale est assurée par les transporteurs Hermis et Hakuna Matata, suivis par Noka et NDB. La fourniture et la distribution de produits pétroliers sont réalisées par diverses compagnies dont Puma Energy, Engen et quelques distributeurs locaux. Les activités de catering sont quant à elles principalement assurées par Number One et Aden Services Congo.
Si l'on se base sur les 400 millions de dollars (plus de 300 millions d'euros) dépensés par une compagnie comme Ruashi Mining pour sa sous-traitance en 2010, tout porte à croire que le chiffre d'affaires de la filière s'élève à plusieurs milliards de dollars. Reste que la part qui revient aux entreprises congolaises est encore très limitée.
 
Emmanuel Basanga, expert géologue
Diplômé en géologie fondamentale de l'université de Lubumbashi, Emmanuel Basanga a travaillé au Centre de recherches géologiques et minières, au ministère des Mines et des Hydrocarbures, puis chez le canadien SouthernEra Resources. « Conscient des importants besoins de l'industrie minière en personnel spécialisé », le géologue décide, en 2007, de créer, avec des associés, Basanga Consulting (Bascons), dont il est le directeur général. Doté de matériel perfectionné, le bureau emploie des géologues (dont les travaux sont supervisés et certifiés par des sociétés étrangères), des électriciens, des logisticiens, des informaticiens et des infirmiers. Comptant parmi ses clients Tenke Fungurume Mining, Sodexmines, African Metals, Ruashi Mining et la Compagnie minière de Luisha, la société, qui opère dans d'autres provinces du pays (notamment en Province-Orientale), reste le leader congolais sur son marché malgré la concurrence croissante. M.D.
Image : Un atelier de Mining Contracting Services Congo (à Lubumbashi). © Baudouin Mouanda/JA
http://congo-economique.blogspot.com/2013/11/katanga-les-entrepreneurs-dans-le.html

RD Congo : un contrat en or pour Forrest dans le Kivu

FODABI | 20:13 | 0 commentaires
Le groupe Forrest s'investi dans la mine d'or de Twangiza au Sud-Kivu, en RD Congo, en coopération avec Banro Corporation. 

S'il n'est plus détenteur de concessions minières, le groupe Forrest n'a pas abandonné le secteur extractif en RD Congo, où il compte développer ses activités de sous-traitance. Malta David Forrest, directeur général depuis 2011 en remplacement de son père George, vient de signer un nouveau contrat au Sud-Kivu.
Mise à disposition d'engins
« Nous devenons opérateur de la mine d'or de Twangiza pour le compte de Banro Corporation, coté à Toronto et New York, mettant à sa disposition engins, camions et bennes », a-t-il confié à Jeune Afrique. Forrest exploite déjà la mine de cuivre de Kamoto, au Katanga, pour le compte de Glencore et de la Gécamines.
Image : Les collines autour du site de Twangiza. © Banro Corporation
http://congo-economique.blogspot.com/2013/11/rd-congo-un-contrat-en-or-pour-forrest.html


 

Pour le belge Bia, le Katanga ne suffit pas

FODABI | 20:08 | 1commentaires
Mauritanie, Guinée, Cameroun, Zambie... Depuis une dizaine d'années, le distributeur d'engins Bia multiplie les incursions hors de RD Congo. Et les résultats sont au rendez-vous.

Alors que les investissements miniers ralentissent en Afrique, Bia reste optimiste. Pour 2013, le groupe familial belge, spécialisé dans la distribution d’équipements pour le secteur, table sur une hausse de 20 % de son chiffre d’affaires africain. Depuis 2009, celui-ci a déjà augmenté de 164 %, pour atteindre 232 millions d’euros en 2012. Et ses patrons n’entendent pas s’arrêter là : « D’ici à 2020, nous comptons doubler notre chiffre d’affaires et dépasser ainsi les 400 millions d’euros de revenus », affirme Éric Perben, directeur général de Bia Overseas, la filiale consacrée au continent. Quelque 80 % du chiffre d’affaires proviennent de la distribution d’engins miniers, et 20 % des matériels de génie civil (terrassement, routes).
Ces belles performances sont le résultat d’un virage stratégique habilement négocié au début des années 2000. Cantonnée jusqu’alors à la seule RD Congo (où son fondateur, Georges Bia, avait commencé ses activités dès 1902), l’entreprise, héritière du Bureau technique Bia installé à Lubumbashi en 1948 pour monter et réparer les engins miniers du Katanga, s’est engagée dans un plan d’expansion ambitieux. « La fin des années 1990 était une péri
 
ode politique difficile pour la RD Congo, en particulier pour le secteur minier au Katanga et dans l’est du pays. Nous avons donc cherché à croître ailleurs en Afrique francophone en visant d’autres secteurs, notamment les travaux publics », explique Vincent Bia, troisième du nom à diriger l’entreprise après son grand-père Georges et son père Jacques. En outre, après le retrait des permis congolais de First Quantum (l’un de ses principaux clients avec Areva, la Compagnie des bauxites de Guinée ou encore la Société nationale industrielle et minière de Mauritanie), en 2009, Bia a suivi le groupe en Zambie et en Mauritanie.

Désormais, même si le Katanga reste une base importante pour les mines de cuivre et de cobalt, Bia poursuit donc sa croissance ailleurs sur le continent. Le groupe a notamment étendu ses services aux pays francophones qui accueillent de nouveaux projets aurifères et ferreux : le Mali, le Burkina Faso, la Guinée, le Cameroun… Résultat : la firme est aujourd’hui présente dans 20 pays africains. « Nous disposons désormais de trois hubs logistiques et techniques à partir desquels nos équipes peuvent intervenir : Dakar, Ouagadougou et Lubumbashi », précise Éric Perben. « Bia est l’un des groupes belges les mieux organisés en Afrique. Il a su se diversifier en s’appuyant sur ses compétences locales, indique Thierry Claeys Bouuaert, vice-président de la Chambre de commerce Belgique-Luxembourg-Afrique-Ca­raïbes-Pacifique. Des dizaines de ses techniciens, congolais pour la plupart, interviennent aujourd’hui partout sur le continent pour installer et réparer les grands engins miniers. »
 
Foreuses
C’est précisément en s’appuyant sur la bonne réputation de son personnel et sur son expérience congolaise que le groupe a su s’attirer les faveurs des équipementiers. En 1997, Bia, qui distribuait jusque-là des engins d’excavation de taille moyenne, a élargi sa gamme aux foreuses Sandvik, avant de devenir l’année suivante le représentant de la marque Komatsu (camions et bulldozers) dans six pays d’Afrique francophone. Cette signature a été capitale pour la société, car le constructeur japonais domine, avec l’américain Caterpillar, le marché juteux des équipements miniers. Un camion peut coûter jusqu’à 10 millions d’euros, et pour faire fonctionner une mine de cuivre ou de fer, il en faut des dizaines…
Nous sommes présents sur toute la chaîne minière, avec une marque leader sur chacun des processus : de l’exploration jusqu’à l’exploitation de surface ou souterraine », assure Éric Perben. Par ailleurs, pour séduire la clientèle, le groupe joue aussi la carte des services associés, surtout dans le domaine financier compte tenu du coût élevé des engins. « Nous avons recruté une équipe venue du monde bancaire et spécialisée dans les solutions de financement des flottes d’engins industriels. Elle travaille à nouer des accords avec des établissements comme Société générale ou Ecobank », explique le directeur général de Bia Overseas. L’entreprise a également signé des contrats d’approvisionnement avec Bolloré Logistics et Delmas, qui acheminent les pièces détachées jusqu’aux sites miniers.
Une concurrence acharnée
Quatre constructeurs dominent le marché des équipements miniers : le japonais Komatsu, distribué par Bia, l'américain Caterpillar, par Tractafric Equipment (filiale du marocain Optorg), le suédois Volvo, par le belge SDA (propriété de Philippe de Moerloose), et le japonais Hitachi. Si Optorg et SDA ont fusionné leurs entités de distribution automobile dans Tractafric Motors Corporation en 2012, ils restent des concurrents acharnés dans le domaine des équipements miniers, où toute alliance est exclue. C.L.B.
 
 
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