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Déogratias Mutombo : « La RDC a réuni l’essentiel des cartes pour l’appui du FMI »

FODABI | 03:21 | 0 commentaires


Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) depuis le 14 mai 2013, Déogratias Mutombo doit composer avec la difficile conjoncture mondiale pour assurer les éléments qui contribueront à la stabilité macroéconomique et celle du système bancaire du plus grand pays francophone au monde, conditions, entre autres, pour négocier l'appui du Fonds monétaire international (FMI). Dans ce grand entretien exclusif avec La Tribune Afrique, le banquier central congolais évoque les défis de l’économie de la RDC et ceux de la BCC à l’aune de 2021. Il dresse également un état du système financier et revient entre autres sur des dossiers brûlants tels que la dissolution de la Banque Internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC)…

La Tribune Afrique - 

Le FMI a conditionné l'octroi à la RDC d'un programme formel triennal assorti de la Facilité élargie de crédit (FEC), par le maintien de la stabilité macroéconomique, la transparence minière, la mise en œuvre des mesures pour renforcer la gestion de la dette extérieure et de la restructuration de la BCC. Toutes les cartes sont-elles réunies à ce jour ?

Globalement, la RDC a réuni l'essentiel de cartes, car le taux de réalisation des mesures visant à rendre le programme de référence avec le FMI satisfaisant et les actions préalables pour la conclusion du programme formel avec ce dernier sont assez avancés. Ont déjà été réalisées entre autres, la publication des nouveaux contrats miniers ainsi que la soumission au Parlement de la Loi de Finances 2021 réaliste avant fin octobre 2020, avec un budget de 7,0 milliards $, des 6,9 milliards $ estimés par le FMI.

Toutefois, le gouvernement et la BCC travaillent d'arrache-pied pour assurer un respect total des autres mesures en cours de réalisation telles que : le renforcement du suivi de la dette extérieure des entreprises publiques par une loi ou un texte réglementaire contraignant la transmission des données sur la dette à la Directeur générale de la dette publique (cette exigence est prise en charge par un arrêté interministériel qui sera signé incessamment) ; l'assurance du financement du budget 2020 à fin décembre courant (appui budgétaire et rationalisation des dépenses). Il est à noter que la volonté du gouvernement demeure le non financement monétaire du déficit public du Trésor. En plus, un effort a été fait et cela a permis la mobilisation d'un appui de la Banque africaine de développement (BAD).

S'agissant particulièrement des mesures préalables à la négociation dudit programme triennal soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), il convient de noter que plusieurs mesures ont été réalisées, à l'exception de certaines exigences qui sont en cours de réalisation, à savoir : la désignation d'un nouveau Conseil de la Banque et des vices gouverneurs ainsi que des commissaires aux comptes conformément à la Loi organique de 2018 portant fonctionnement et organisation de la BCC ; la communication de la matrice des reformes à moyen terme. Celle-ci a été déjà finalisée au niveau technique et transmise aux autorités pour approbation avant d'être communiqué au FMI. A la lumière de tout cela, nous estimons donc que la RDC est bien engagée pour la conclusion d'un programme triennal appuyé par la FEC.

Sur le plan monétaire, le franc congolais qui s'est fortement déprécié l'an dernier commence tend à se stabiliser, mais les incertitudes demeurent. Quelle stratégie pensez-vous pour garantir le maintien de la stabilité macroéconomique en 2021, après une récession de -1,7% en 2020 ?

De prime à bord, qu'il me soit permis de relever que lorsque l'on considère la situation annuelle à fin décembre 2020, l'on note une dépréciation du franc congolais de 15,2 %. Cela reste énorme bien évidemment par rapport au taux de dépréciation de 2,2 % enregistré en 2019. Dans un contexte extrêmement difficile lié aux effets de la pandémie de Covid-19, le retour à la stabilité a été rendu possible grâce à la mise en œuvre d'une batterie de mesures. Si ces dernières n'avaient pas été prises, la dépréciation de la monnaie nationale se situerait au-delà de 30 % à fin décembre. Sur le marché des biens et services, le taux d'inflation serait bien supérieur à 40%.

La seule stratégie pour pérenniser cette stabilité notamment en cette année 2021 demeure celle basée sur la combinaison de plusieurs mesures, impliquant à la fois le gouvernement et la BCC.

Pour le gouvernement, il s'agira d'élaborer un plan de trésorerie réaliste et cohérent avec le plan d'engagement ; respecter ce plan de façon strict ; poursuivre l'application des dispositifs du pacte de stabilité en s'abstenant d'envoyer à la BCC des ordres de paiement en l'absence d'une provision préalable ; opérationnaliser les bons du Trésor indexés à partir de janvier 2021, pour accroître l'attractivité de cet instrument et ainsi permettre à l'Etat de lever des fonds sur le marché intérieur afin de financer ses projets notamment d'investissement ; accélérer de la mise en œuvre des mesures retenues comme préalables à la conclusion du programme à moyen terme avec le FMI et la Banque Mondiale ; mettre en œuvre les différentes réformes structurelles initiées à ce jour pour davantage booster la production et assurer l'import-substitution.

Pour la BCC, les principales actions seraient de maintenir le verrou central du dispositif mis en place dans le cadre du pacte de stabilité, en ce qui concerne l'exécution sur base caisse des dépenses publiques ; accélérer le processus relatif à la réforme du cadre de la politique monétaire et de change ; préserver l'équilibre entre l'offre et la demande de liquidité par la poursuite d'une politique monétaire et de change prudente.

A l'ONU, le président Félix Tshisekedi demandait récemment une « annulation totale » de la dette pour les pays en développement pour les aider à surmonter la pandémie. Quel impact aurait une éventuelle annulation sur le système financier congolais ?

Le maintien de la stabilité de la monnaie nationale est difficile dans un environnement marqué par l'effritement des réserves de change. En effet, cela prive la BCC des moyens nécessaires pour organiser la riposte, en termes d'intervention directe ou indirecte sur le marché des changes, pour contrer les tensions y observées et ainsi corriger certains déséquilibres de la balance des paiements.

En 2010, lorsque le pays avait accédé au point d'achèvement de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, il avait bénéficié de l'annulation d'une bonne partie de sa dette extérieure, avec un élément commun de réduction, pour tous les créanciers, situé à 83 %. C'était ainsi environ 8,0 milliards $ qui avait été annulés. Cela avait permis au pays de renforcer son matelas de devises. Celles-ci avaient alors évolué jusqu'à atteindre un pic de 1 880,0 millions $ en mars 2014. Et, entre 2010 et 2015, nous avions alors enregistré une période de stabilité remarquable avec des taux de changes et d'inflation ne dépassant pas les 2 %. L'activité des banques s'en était également ressentie.

A fin 2019, le stock de la dette extérieure est évalué à près de 3,7 milliards $. En 2020, un service de la dette extérieure d'un total de 151,0 millions a été effectué jusqu'au 15 décembre 2020.

Vous comprenez par là qu'une annulation de la dette extérieure de la RDC, aurait permis un accroissement de nos réserves, toute chose étant égale par ailleurs, de ce montant payé en 2020. Ce qui aurait pour effet, de disposer d'un peu plus de marge de manœuvre pour intervenir directement ou indirectement sur le marché. En outre, cette annulation aurait pour effet également de solidifier davantage le système bancaire sur la base du fait que les banques notamment auront la possibilité de rencontrer certains de leurs besoins financiers en cas de recours à la BCC.

Est-ce le moyen par excellence pour aider le pays à se relever ?

Clairement, l'annulation de la dette ne suffit pas à elle seule pour le relèvement de l'économie congolaise. Lorsque vous considérer par exemple, le besoin annuel en termes d'importations des biens et services, cela va largement au-delà de l'enveloppe dédié au remboursement annuel de la dette extérieure et voire même du stock global de cette dette.

Le relèvement de l'économie nécessite des investissements importants notamment dans les infrastructures de base où le pays accuse un retard monumental. L'économie se concentre vers le secteur primaire, en produisant et surtout exportant des biens à faible valeur ajoutée, les secteurs secondaire et tertiaire sont relativement laissés pour compte. Conséquence, le pays dépense énormément pour satisfaire ses besoins immédiatement liés à ces deux secteurs. C'est ainsi qu'au niveau de la balance des paiements, vous retrouverez des comptes comme celui des services qui constitue une véritable source de sortie des devises vers l'étranger, suite à l'inexistence d'infrastructures pouvant permettre au pays d'exporter du service.

Il faut absolument développer l'import-substitution afin d'arrêter l'hémorragie de la fuite des capitaux vers l'étranger, en mettant en œuvre les réformes structurelles pourtant déjà identifiées et qui continuent de souffrir de manque de concrétisation.

Où en est le processus de restructuration de la BCC ?

Depuis 2004, la BCC s'était lancée dans un vaste programme visant sa propre restructuration et la restructuration du système financier national. Ce programme était articulé autour de trois axes majeurs que sont : la recapitalisation, la restructuration et la réorganisation (les 3R).

Le processus de recapitalisation prévu en deux étapes est régi par la convention ad hoc signée en février 2011 entre le Gouvernement et la BCC, ainsi que l'avenant signé en juillet 2012. S'agissant particulièrement de l'augmentation du capital de la BCC à 213,0 milliards de francs congolais (CDF), soit 1,75 % du PIB, cela devrait se faire par l'incorporation de la plus-value de réévaluation des immobilisations pour un import de 109,0 milliards de CDF et par l'apport des capitaux frais à hauteur de 104,0 milliards de CDF. La nouvelle loi organique de la BCC a déterminé les 213,0 milliards comme capital de la Banque. Mais, un autre cadre législatif pour l'incorporation dans le capital de la plus-value de réévaluation des immobilisations, est nécessaire. La difficulté majeure reste l'apport des capitaux frais par le gouvernement eu égard à la modicité de ses ressources. Un groupe de travail ad hoc avait été mis en place par le ministère des Finances en vue d'examiner ensemble avec la BCC les modalités de sa mise en œuvre.

Cette opération de recapitalisation implique une restructuration du bilan de la BCC. A ce jour, malgré un contexte difficile, je suis heureux d'affirmer que la BCC n'enregistre plus de pertes d'exploitation et qu'elle a arrêté d'enregistrer le déficit de Trésorerie depuis 2013. Cette restructuration de bilan a consisté avant tout dans la réforme du régime des retraites et le recentrage de la BCC sur ses missions essentielles. La finalité est de maîtriser des charges opérationnelles. Et nous y sommes tant bien que mal arrivés. Reste la consolidation de cet acquis.

Plusieurs autres aspects sont à relever dont la réorganisation interne des services en 2009, par la réduction du nombre d'organes, la réforme du régime de retraite complémentaire ou la réduction d'autres charges opérationnelles. Sur le plan de l'amélioration des recettes de la BCC, des réformes ont été entreprises pour optimiser le placement en devises et la Redevance du Suivi de change.

Par ailleurs, la loi organique n° 18/027 du 13 décembre 2018 portant organisation et fonctionnement de la BCC a intégré toutes les actions liées à la réorganisation et à la recapitalisation. Sa mise en œuvre incombe à la BCC, au Gouvernement et au Parlement. Pour structurer toutes les actions y afférentes, nous avons mis en place, début 2019, un plan d'actions qui précise les cibles, les responsabilités internes et externes ainsi que les échéances. Sa mise en œuvre a toutefois été entravée par la crise sanitaire mondiale liée au Covid-19. Cependant, nous pouvons affirmer que la restructuration de la BCC est en train de se poursuivre, en dépit de nombreuses contraintes financières auxquelles nous faisons face.

Après une année 2020 marquée par une crise mondiale inédite, comment se porte le système bancaire congolais ?

Les effets néfastes de cette pandémie, qui a entrainé des chocs à la fois sanitaire et économique, ne peuvent être sans conséquences sur le secteur bancaire national étant donné leur corrélation. Je puis affirmer qu'à la faveur des mesures prises par la BCC en mars 2020 pour atténuer l'impact de la crise sanitaire sur l'activité économique et garantir la continuité des services financiers, le secteur bancaire est demeuré résilient.

Au regard des derniers chiffres du mois de novembre, les activités au sein de ce secteur ont connu une croissance de 19,32 % par rapport à l'année 2019. Cette croissance est de 16,29 % en se référant au mois de mars 2020 où le premier cas de coronavirus a été détecté en RDC. Les dépôts collectés par le secteur bancaire à fin novembre 2020 ont atteint un volume global de 7 362,20 millions $, en hausse de 20,05 % par rapport à leur niveau de décembre 2019 et de 17,18 % par rapport à mars 2020. Quant aux crédits bruts, ils affichent une hausse de 4,53 %, s'établissant à 3 535,75 millions $ contre 3 382,63 millions en décembre 2019 ou 3 496,33 millions en mars 2020. L'évolution des prêts accordés aux secteurs alimentaire et pharmaceutique, qui constituent un point d'attention, a été stable entre mai 2020 et novembre 2020.

Dans un contexte de crise, le secteur a quand même dégagé à fin novembre 2020, un résultat provisoire positif évalué à 67,38 millions $ contre 94,51 millions à fin décembre 2019.

Quid de la situation prudentielle ?

La situation prudentielle du système bancaire reste satisfaisante avec des ratios de solvabilité Tier 1 et globale situés respectivement à 11,05 % et 13,27 % à fin novembre 2020, légèrement en baisse par rapport à mars 2020 où ces ratios étaient respectivement de 11,95 % et 14, 23 %. La liquidité globale, en monnaies nationale et étrangères ressortent respectivement de 165,48 %, 387,10 % et 151,86 %, supérieurs au minima requis de 100 %.

Le système reste donc globalement stable. Néanmoins, il sied de relever quelques points d'attention, notamment le phénomène de « de-risking » qui pèse sur l'ensemble du système financier à cause de la faible observance des règles en matière de conformité et de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Je vous garantis que la BCC s'est résolument engagée, dans une approche avant-gardiste, trempée dans la culture-risque qui nous caractérise depuis quelques années, à poursuivre les réformes structurelles qui s'imposent.

Le Président Tshisekedi a récemment décidé de la création d'une Société Nationale d'Investissement (SNI) qui servira d'appui au secteur privé. Quel rôle joue la BCC dans la mise en œuvre de ce projet ?

En amont, dans son rôle de Conseiller économique du gouvernement et d'Autorité de régulation et de contrôle du système financier, la Banque Centrale du Congo a assisté les autorités dans l'élaboration de la mouture de ce projet, en particulier en se rassurant de ce que les aspects relatifs à la gouvernance et à la gestion des risques tiennent compte des textes légaux et réglementaires en vigueur.

En aval, il s'agira de se rassurer que ce nouveau véhicule de financement s'intègre bien au paysage financier existant et que les instruments et outils dont elle dispose lui permettent d'atteindre ces objectifs en termes de financement de l'économie, en général, mais en particulier en termes de promotion du développement des secteurs porteurs, tout en tenant compte du genre et de la jeunesse de la population-cible. En outre en tant qu'autorité de régulation, la Société Nationale d'Investissement devra être assujettie à la règlementation et au contrôle de la BCC.

Quelle serait l'étendue des prérogatives de cette nouvelle institution ?

La SNI jouera le rôle d'instrument du gouvernement pour la promotion de l'entreprenariat. Concrètement, le financement qu'elle accordera servira au soutien de l'activité économique via l'accompagnement des petites et moyennes entreprises (PME). Les activités génératrices de revenus ayant un impact positif sur l'atteinte des objectifs de développement durable (ODD), avec un focus sur l'autonomisation de la femme ainsi que la mise en valeur de la jeunesse et, de façon plus générale, la réduction de la pauvreté, seront privilégiées. Bien entendu, la promotion de la petite industrie bénéficiera d'une attention particulière.

S'agissant des secteurs-cibles, les premiers à soutenir sont ceux dont le concours à une croissance économique inclusive est indéniable, en l'occurrence l'agriculture au sens large (y compris la pêche et l'élevage) avec un accent sur les filières agropoles. La RDC étant une terre d'avenir, l'entrepreneuriat dans le secteur de l'économie verte, des nouvelles technologies financières et l'e-Development sera vivement encouragé. Enfin, le domaine des infrastructures de transport (routes, chemins de fer...) est à appuyer fortement au regard de son impact sur le développement global.

En ce qui concerne les solutions de financement qui seront proposées, la SNI pourra intervenir en matière de prêts, de garanties/assurances, de renforcement des fonds propres, de participation au capital, d'accompagnement (développement des activités au niveau local ou à l'international, notamment pour les entreprises à rentabilité faible). L'idée est de leur fournir soit un accès direct à un financement à des conditions avantageuses, soit d'améliorer leur situation comptable afin de leur permettre de lever des fonds dans le système bancaire classique.

Pour ce qui est des ressources, la SNI bénéficiera, à terme, de l'appui de l'Etat, des partenaires privés locaux désireux d'investir leurs mises et éventuellement des partenaires extérieurs tels que la BAD, l'Agence Française de Développement (AFD), la Société Financière Internationale, bras financier de la Banque mondiale, ou encore de banques régionales telles que la TD-Bank ou encore AfreximBank.

Dans la même veine, d'autres ressources permanentes proviendraient de l'émission de bons d'investissements auxquels les banques commerciales, les sociétés d'assurance, certaines institutions financières de l'Etat (FPI, CNSSAP, CNSS) ou des entreprises publiques pourraient souscrire. En outre, l'instauration d'un « Fonds Commun de Solidarité », au sein de la SNI, alimenté par une fraction du taux d'intérêt que la SNI facturera à chaque client ainsi que les contributions des partenaires au développement, facilitera l'octroi des contre-garanties au système bancaire classique pour stimuler les crédits aux PME. Enfin, la participation de la SNI au capital de certaines entreprises, source à court ou moyen terme des dividendes, servira à des investissements ou des placements fructueux.

La BCC a récemment décidé de dissoudre la BIAC. Une décision cependant très critiquée. D'aucuns pensent que la Banque Centrale aurait dû tout faire pour sauver cette banque commerciale historique, le personnel réclame l'implication du Président Tshisekedi quant à leur sort, etc. Qu'est-ce qui motive votre orientation actuelle ?

Votre question me donne l'occasion de réaffirmer ma conviction profonde : la décision de dissoudre la BIAC reste opportune. Je vous informe que cette banque faisait l'objet d'une vigilance particulière de la Banque Centrale depuis 2008. Et depuis, sa situation générale n'a fait que se détériorer au point de devenir préoccupante et ceci, nonobstant les différentes missions de contrôle, dont les rapports ont relevé les faiblesses suivantes : une insuffisance des fonds propres par rapport aux immobilisations corporelles traduisant ainsi le financement des actifs immobilisés par les dépôts de la clientèle ; un risque élevé de vulnérabilité de la banque consécutif à la concentration des risques autour des principaux clients que sont les sociétés du Groupe Blattner Elwin (GBE) ; une absence de clarification sur les actionnaires, notamment Sofia S.A., actionnaire majoritaire et Chanterette Entreprises, ainsi que le manque de leurs états financiers ; une situation financière précaire nécessitant une attention particulière des actionnaires et une insuffisance des fonds propres par rapport au niveau des risques requérant une augmentation urgente du capital ; l'octroi d'importants crédits, évalués à plus ou moins 60 millions $, aux sociétés GBE ; l'attribution des pouvoirs étendus au Président Administrateur Délégué au risque de le confondre au Conseil d'Administration et l'immixtion de Monsieur Elwyn Blattner dans la gestion courante.

Toutes ces faiblesses ont conduit la BCC à formuler des recommandations afin de rétablir le respect des normes prudentielles, veiller à l'augmentation du capital, limiter la concentration de risques de crédit au Groupe BLATTNER et apparentés, transmettre sans délai à la BCC le rapport annuel de l'actionnaire majoritaire et veiller à la séparation des pouvoirs entre organes délibérant et exécutif.

Malgré de multiples rappels de l'Autorité de régulation et de contrôle, la BIAC n'a jamais mis en place un plan de redressement qui devrait tenir compte de différentes recommandations lui formulées. Au contraire, la gestion calamiteuse avait entraîné une crise aigüe de la liquidité au sein de la BIAC, laquelle menaçait la stabilité du système bancaire congolais.

C'est ainsi que la BCC intervenait régulièrement à travers le refinancement auprès de ses guichets pour des montants très importants afin de permettre à la BIAC d'assurer le remboursement des dépôts de sa clientèle et éviter ainsi un mouvement de panique dans le secteur bancaire à cause de son insolvabilité.

Fort de ce constat et conformément à l'article 39 de la Loi n°003/2002 du 02 février 2002 relative à l'activité et au contrôle des Etablissements de Crédit, la BCC n'avait d'autres choix que de mettre la BIAC sous gestion d'un comité d'Administration Provisoire, décision intervenue le 30 mai 2016, en vue d'assurer une bonne gestion de cette banque, d'élaborer un plan de redressement crédible ou de proposer éventuellement la liquidation de la banque et partant, de sauvegarder les intérêts des épargnants.

Je dois assurer ici que l'ambition affichée de l'Autorité de régulation et de contrôle bancaire a toujours été la sauvegarde de l'activité de cette banque et celle-ci peut se faire via la sauvegarde de l'entité économique au détriment de l'entité juridique qui serait vouée dans ce cas, à la liquidation.

Justement, il y a quelques années, vous vous opposiez à la dissolution de cette banque malgré ses déboires. Qu'est-ce qui a changé ?

Nous étions dans cette posture, étant donné que les actionnaires Blattner de la BIAC n'ont pas manifesté un intérêt évident pour le redressement de cette banque, en dépit des prédispositions de la BCC à apporter à la BIAC l'opportunité de se redresser. Il nous a fallu explorer d'autres voies possibles pour le redressement de cette banque, notamment étudier toutes les sollicitations pour la reprise de la BIAC par les multiples investisseurs qui n'ont malheureusement pas abouti en raison entre autres des prétentions exorbitantes des actionnaires.

Face à cette situation et dans le but de protéger l'épargne du public et de préserver la stabilité du système bancaire congolais, il s'est avéré impérieux pour la BCC, en vertu des prérogatives lui dévolues par le Législateur au terme de la loi bancaire de décider, le 09 octobre 2020, du retrait d'agrément de la BIAC et en conséquence, sa liquidation.

Il est important, pour la Justice de notre pays, d'accompagner le liquidateur pour lui permettre d'exécuter sa mission en conformité avec les dispositions de la loi bancaire et au regard du caractère d'ordre Public que revêt cette décision de la BCC notamment la protection des déposants et la stabilité du système financier.

La décision de liquidation suppose que la banque ne peut plus être sauvée ou rachetée. Toutefois, il est possible pour d'autres institutions financières de racheter le patrimoine sain de la banque. Ce traitement peut se faire notamment par le transfert des petits déposants en les livres des banques qui détiennent des dettes envers la BIAC pour environ 16 millions au titre de créances découlant de la délocalisation de la paie des fonctionnaires et autres travailleurs bancarisés.

Comment envisagez-vous 2021 ? Etes-vous optimiste pour l'économie et le système monétaire congolais ?

Au regard de l'évolution observée en 2020, la façon dont nous avions réussi à retourner, en notre faveur, une situation économique qui était déjà catastrophique, je ne peux qu'être optimiste pour la suite des évènements et particulièrement pour notre économie et notre système monétaire en cette année 2021, dont les principaux objectifs seraient de pérenniser la stabilité acquise depuis le mois d'août 2020 et de relancer l'économie nationale.

La BCC devra poursuivre avec la mise en œuvre du pacte de stabilité pour consolider le cadre macroéconomique. Un contrôle rigoureux de la croissance de la base et de la masse monétaire sera effectué en vue de permettre d'équilibrer l'offre et la demande de la monnaie nationale et des devises sur les marchés. Les banques commerciales devront tirer profit de la hausse des cours de principaux métaux exportés par le pays qui leur permettra d'engranger beaucoup de dépôts en devises pour accroitre le financement de l'économie.

Cependant, il y a des pesanteurs à ne pas négliger dans l'évolution future de notre économie. Il s'agit des facteurs de risque qui peuvent contribuer à déstabiliser le cadre macroéconomique. Au plan interne: le risque d'emballement des prix intérieurs et du taux de change, aux deux premiers mois de l'année 2021, suite à la pression sur la demande des devises liée à la reconstitution des stocks par les opérateurs économiques après les festivités de fin d'année ; le risque d'un recul de l'activité économique, en cas de la persistance des effets néfastes du Covid-19 ; le risque d'une crise des finances publiques en cas de faible mobilisation des recettes publiques et d'absence d'appuis extérieurs budgétaires, de faible attractivité des bons du Trésor et de forte pression sur les dépenses publiques, notamment les dépenses courantes. Au plan externe, il s'agit du risque de forte contraction de l'activité économique mondiale du fait de la persistance de la crise de covid-19 et de la chute des investissements étrangers ; la survenance d'un choc sur les cours des matières premières pouvant entrainer la chute de nos recettes extérieures et/ou un déséquilibre de la balance des paiements.

Eu égard à ces facteurs de risque, je crois qu'il est indispensable de mettre en action notamment les mesures que j'ai relevées à pour le maintien de la stabilité. Du reste, la politique monétaire mise en œuvre devrait demeurer prudente afin de contenir les pressions éventuelles sur les différents marchés, tout cela sur fond d'une coordination renforcée des politiques conjoncturelles.

Enfin, tout en maintenant une relation étroite avec tous les intermédiaires financiers et non financiers évoluant en RDC, nous continuerons à jouer notre rôle de garant de la stabilité du système monétaire congolais.

Propos recueillis par Ristel Tchounand.

 


Transformation numérique : Raxio lance un troisième centre de données en RDC

FODABI | 02:58 | 0 commentaires


Première structure de données de niveau III neutre vis-à-vis des opérateurs dans le pays, Raxio Kinshasa est le troisième centre de données du portefeuille du groupe en Afrique, qui compte Raxio Ouganda et Raxio Ethiopie.

Le groupe Raxio, développeur et exploitant de centres de données panafricains, vient d'annoncer la création de Raxio Kinshasa et son investissement dans cette première installation parmi une série de centres de données de pointe, privés et neutres vis-à-vis des opérateurs en République démocratique du Congo (RDC)..

Opérationnel dès le second trimestre 2022, Raxio Kinshasa offrira à ses clients « un environnement optimisé pour leur équipement informatique, au sein d'une installation de pointe conçue selon les principes métropolitains de périphérie », explique un communiqué de la société de portefeuille appartenant à la société de placement américaine Roha Group.

La future installation de 1,5 MW avec 400 racks (les bais), permettra notamment à ses utilisateurs d'établir des connexions croisées avec des opérateurs locaux et internationaux.

Raxio Kinshasa est le troisième centre de données du portefeuille du groupe Raxio, qui compte Raxio Ouganda - construit en périphérie de Kampala - et Raxio Éthiopie, dont la construction a démarré un peu plus tôt cette année à Addis-Abeba.

Le groupe prévoit également de réaliser 10 à 12 investissements en matière de centres de données à travers l'Afrique afin de répondre à la demande accrue de stockage local et d'hébergement de données dans cette zone géographique.

RD CONGO : ARM creuse profondément un trou et puis s'en va sans rendre compte à quiconque

FODABI | 17:44 | 0 commentaires
Pour se diversifier dans le cuivre, African Rainbow Minerals avait pris part au projet de Kalumines, au Katanga. Las, peu convaincu par le potentiel de la mine, le groupe sud-africain va céder ses parts à la Gécamines.

La cession des parts d'African Rainbow Minerals (ARM) dans le projet d'exploitation du cuivre de Kalumines, au Katanga, sonne la fin de l'aventure en RD Congo du groupe basé à Johannesburg. Le protocole d'accord en vue de la prise de contrôle totale du projet par la Générale des carrières et des mines (Gécamines) devait être finalisé le 24 janvier, selon Albert Yuma Mulimbi, président de la société publique. Jusqu'à présent, cette dernière en détenait 40 %, le reste étant aux mains de Teal, coentreprise entre ARM et le brésilien Vale.

Volatilité
Fondé et développé par le milliardaire sud-africain noir Patrice Motsepe, figure de proue des milieux
économiques postapartheid, ARM pesait, fin juin 2012, un chiffre d'affaires annuel de 17,5 milliards de rands (soit 1,7 milliard d'euros, en hausse de 18 % par rapport à 2011), avec 3,45 milliards de rands de bénéfices. Grâce à des prises de participation réalisées à la faveur du Black Economic Empowerment - la discrimination positive sud-africaine -, Patrice Motsepe s'est taillé un empire dans les filières platine, charbon et manganèse en Afrique du Sud. Sans oublier la part de 16 % qu'ARM détient dans le groupe aurifère Harmony Gold.
Depuis le début des années 2000, le groupe s'est lancé dans un plan de diversification pour affronter plus sereinement la volatilité des prix, notamment du platine et du fer (63 % des revenus en 2012). Pour équilibrer son portefeuille minier, il a notamment misé sur le cuivre. « Pour se développer dans ce minerai, nous n'avions pas d'autre solution que de sortir de nos frontières, chose que nous n'avions jamais faite jusqu'alors. Naturellement, deux pays africains, proches et riches en cuivre, se sont imposés à nous : la Zambie et la RD Congo », se souvient Dan Simelane, ancien directeur général de l'exploration, aujourd'hui patron de l'activité cuivre. « Nous nous sommes alliés à Vale, expérimenté dans les métaux de base, et avons commencé à explorer des zones en Zambie, au Katanga, mais aussi en Namibie et au Mozambique », détaille le responsable d'ARM.
 
Critères
De ces projets, après l'abandon de Kalumines, seul subsiste désormais celui de Lubambe, en Zambie. « Notre stratégie de développement tient en deux points, explique Dan Simelane. Dans les métaux de base, nous savons que les infrastructures sont essentielles. Nous ne décidons d'ouvrir une mine que si nous avons la garantie absolue de pouvoir évacuer nos minerais. Autre principe, nous ne nous intéressons qu'à des gisements ayant une longue durée de vie. Le projet de Kalumines ne satisfaisait pas ces deux critères, d'abord en raison de la taille des gisements, mais surtout à cause de la faiblesse de l'approvisionnement en électricité et des infrastructures routières. » Une opinion que ne partage pas Albert Yuma Mulimbi, patron de la Gécamines. « Si nous reprenons ce projet, c'est parce que le partenaire n'a pas rempli ses obligations contractuelles », dénonce-t-il, faisant état du manque d'empressement d'ARM à investir sur le site pour terminer l'étude de faisabilité.

Pour ARM, la priorité est donc désormais à la montée en puissance de la mine de Lubambe, démarrée en octobre 2012. « Nous comptons produire 45 000 tonnes de cuivre à partir de 2015, puis 100 000 d'ici à cinq ans avec l'extension de la mine », annonce Dan Simelane. Et le groupe sud-africain continue de regarder ailleurs : « Dans le cuivre, nous sommes à l'affût d'autres opportunités en Zambie. Et dans le fer, nous nous intéressons à la Mauritanie et à la Guinée », détaille le directeur. Et d'ajouter : « Nous n'excluons pas de revenir en RD Congo... mais sur un projet qui corresponde à nos critères d'investissement. » Après l'échec du partenariat de Kalumines, pas sûr que la Gécamines l'entende de cette oreille.
http://economie-cgo.blogspot.com/2013/11/rd-congo-arm-creuse-profondement-un.html
 

Qui est Malta David, troisième héritier de l'empire Forrest ?

FODABI | 17:38 | 0 commentaires
Moins flamboyant, moins controversé mais aussi moins arrangeant que son père George, le directeur général de Groupe Forrest International, Malta David, tarde à se faire un prénom. La diversification du groupe lui doit pourtant beaucoup.

Pas facile d'être l'héritier du « vice-roi du Katanga ». George Forrest, dont le surnom en dit long sur l'envergure, tenait d'une main ferme les rênes du puissant conglomérat familial. Son fils aîné, Malta David Forrest - qui porte le prénom de son grand-père néo-zélandais, fondateur en 1922 de cette dynastie des affaires congolaises -, a endossé les habits de directeur général en 2011, mais hésite encore à se qualifier de « patron ». De fait, malgré ses 73 ans, son père est toujours président du conseil d'administration. Et reste, pour les Congolais et nombre des 8 000 employés de la firme, la figure emblématique du Groupe Forrest International (GFI).
 
C'est néanmoins le discret Malta qui est à la manoeuvre. Sous sa houlette, le groupe, à l'origine présent dans le secteur minier et la construction, a entamé une métamorphose, investissant avec succès dans l'énergie, l'agroalimentaire et l'aérien. « Nous voulons être perçu comme le partenaire de référence des multinationales en RD Congo. Nous travaillons avec le belge Tractebel dans l'énergie, Kamoto Copper Company [détenu notamment par le suisse Glencore] dans les mines, Brussels Airlines dans l'aérien, l'allemand Heidelberg dans le ciment...
Nous bénéficions de leur capacité financière et de leur expertise, et ces groupes profitent en retour de notre connaissance du pays et de nos compétences locales logistiques et techniques », affirme le directeur général, qui a reçu Jeune Afrique au siège du holding de GFI, à Wavre, une banlieue cossue au sud de Bruxelles.
C'est en RD Congo que je suis né et que j'ai grandi. Notre groupe est congolais.
Dur négociateur
« Malta imprime sa marque sur le groupe. Il a été l'artisan du développement de notre filiale dans l'énergie, qui gère la réhabilitation de deux turbines sur le barrage d'Inga II [Bas-Congo] et d'une partie de la ligne à haute tension de 1 500 km le reliant au Katanga », indique Henri de Harenne, conseiller de GFI en Belgique. C'est Malta, aussi, qui a affirmé les ambitions du groupe dans l'élevage. « Entre le père et le fils, les styles sont très différents : là où George était rond, bon vivant et coulant, Malta est plus dur en négociation, presque sec. Mais il a été bien préparé, il connaît ses dossiers, et sa stratégie de diversification commence à porter ses fruits », confie un observateur familier des milieux belgo-congolais.
Ingénieur formé en Belgique dans la même université que son père, il a mis à profit une année sabbatique pour se frotter aux réalités du terrain, d'abord comme ouvrier aux États-Unis, puis comme contremaître à Dubaï. Mais sitôt diplômé, il a fait toute sa carrière dans le groupe familial, principalement au sein de sa filière construction. « J'ai su très tôt que je travaillerais dans le groupe, avec l'envie d'arriver aux commandes, explique-t-il. Comme mes frères et ma soeur, j'ai été éduqué à l'ancienne, mon père était exigeant, il attendait beaucoup de nous. Avant de me confier les rênes, il a pris le temps de m'observer. Certes, être l'aîné facilite les choses en Afrique, mais ce n'est pas la raison de ma position actuelle. »
Profil
• Né en 1971 à Kolwezi
• Ingénieur civil, formé à l’École polytechnique de l’université libre de Bruxelles
• Parle français, swahili et anglais
• Directeur général du Groupe Forrest International depuis 2011
Baptême du feu
Moins flamboyant que son père, il fuit la lumière. Habile, il a su affranchir le conglomérat des connexions politiques trop marquées de George, réputé proche de Mobutu. Mais il n'a pas rompu pour autant avec la Générale des carrières et des mines (Gécamines), entreprise publique clé pour laquelle GFI continue de travailler. Son baptême du feu, c'est en 2008 qu'il l'a fait, en pleine révision des contrats miniers. « À l'époque, avec la crise politique, la situation économique se détériorait, tout le monde faisait face à un assèchement des liquidités, il nous fallait un plan d'action pour diversifier nos activités », se souvient-il. Malta David Forrest, qui menait les négociations, a dû faire des concessions et se séparer dans les meilleures conditions de ses actifs miniers tout en gardant un pied dans le secteur, comme opérateur et non plus comme propriétaire de mines. GFI vient d'ailleurs de décrocher un contrat auprès du groupe canadien aurifère Banro, au Sud-Kivu.
 
Son prochain défi ne sera pas le plus simple : celui de la transparence. Comme son père, Malta David Forrest refuse de divulguer le moindre chiffre sur l'activité de son groupe, estimée en 2008 à « plus de 200 millions d'euros » (hors banque et aérien) par un connaisseur. « Nous structurons et rassemblons nos différentes filiales [hors activités bancaires] au sein du même holding belge. Cette opération sera clôturée dans un ou deux ans. »
Alors seulement, le jeune patron (42 ans) pourra envisager une cotation en Bourse. Il devra pour cela trouver l'appui de son père et de sa fratrie. Aujourd'hui, la société reste en effet entièrement contrôlée par la famille, et deux frères cadets travaillent aux côtés de Malta : basé en Belgique, George Andrew est responsable de la trésorerie, tandis que Mike gère les nouveaux projets à Lubumbashi, principalement dans le sucre et le ciment. Seule l'unique fille de la fratrie, Rowena, a préféré voler de ses propres ailes : elle travaille dans la mode en France.
 
Malta David Forrest, lui, se dit attaché au Katanga. Belge de nationalité, consul honoraire de France à Lubumbashi, il a deux enfants nés d'un premier mariage qui grandissent en France. Mais lui-même passe dix mois par an en RD Congo, surtout au Katanga et un peu à Kinshasa. Même s'il déplore le harcèlement fiscal qui épuise ses équipes, il se dit confiant dans l'avenir : « Bien sûr, il reste des défis importants pour l'amélioration du climat des affaires en RD Congo.
 
Les investisseurs ont besoin d'un cadre légal stable, clair et éthique, estime-t-il. Nous sommes en dialogue constant avec les autorités, à tous les niveaux. Nous sommes confiants, les choses s'améliorent, notamment sur le plan de la gouvernance et de la sécurité, et y compris dans l'Est [terrain de nombreuses rébellions], où nous comptons une cimenterie et des activités minières. »
Relève
S'il revient environ deux mois par an en Europe - en Belgique et en France -, Malta David Forrest affirme que la RD Congo restera la base de GFI, présent également au Congo voisin et au Kenya. « Notre groupe est congolais, assène-t-il. C'est en RD Congo que je suis né, que j'ai grandi, et ma résidence principale est à Lubumbashi. Après mes études en Belgique, je ne me suis même pas posé la question de rester là-bas. J'ai toujours voulu faire ma vie à Lubumbashi, et c'est là que mes enfants grandiront. » Pour Malta David Forrest, la relève est assurée, quatre-vingt-dix ans après la fondation du groupe par son grand-père.
Photo : Né en 1971 à Kolwezi, Malta David Forrest est le directeur général du Groupe Forrest International (GFI) depuis 2011. © GFI
http://economie-cgo.blogspot.com/2013/11/qui-est-malta-david-troisieme-heritier.html

Philippe de Moerloose, un "fonceur" belge du Congo

FODABI | 17:19 | 0 commentaires

En seulement vingt-deux (22)ans, Philippe de Moerloose a bâti l'un des plus importants groupes de distribution de véhicules et de machines d'Afrique subsaharienne. Un succès qui ne lui a pas valu que des amis.

Difficile de rencontrer le discret Philippe de Moerloose. Le fondateur de la Société de distribution africaine (SDA) sillonne sans cesse les 27 pays du continent où son groupe est présent. Travailleur acharné, exigeant, l'homme est un coureur de fond. À 46 ans, il prépare d'ailleurs le marathon de New York.
Lorsque nous le rencontrons au siège de SDA, à Wavre, dans la banlieue sud de Bruxelles, le Belge du Katanga rentre de voyage. Pas d'Afrique centrale, où il a grandi, mais de Casablanca. Il y a participé au conseil d'administration de Tractafric Motors, numéro deux de la distribution automobile en Afrique subsaharienne (derrière le franco-japonais CFAO).
En 2012, SDA a réalisé un chiffre d'affaires de 460 millions d'euros.
Depuis sa création, en 2011, – grâce à la fusion entre Demimpex (qui lui appartenait) et Tractafric, filiale de la Société nationale d'investissement (SNI) du Maroc –, SDA détient 40 % des parts de Tractafric Motors. Au Maroc, le patron a également inauguré son nouveau réseau de distribution de biens d'équipement John Deere et Hitachi. "Nos perspectives de développement en Afrique du Nord sont très prometteuses. Les volumes de distribution y sont bien plus importants qu'au sud du Sahara", assure-t-il.
Pour SDA, 2013 est une année de transition. "Notre chiffre d'affaires dans la distribution devrait être similaire à celui réalisé en 2012 [460 millions d'euros, avec 27 millions d'euros de marge brute]. Ces derniers mois, nous avons professionnalisé toutes nos filières de distribution – d'automobiles, de camions, d'engins de chantier ou agricoles – en plaçant à la tête de chaque pôle une équipe de spécialistes, souvent recrutés au sein de la concurrence. Et en mettant l'accent sur la qualité de service. Dès l'année prochaine, nous viserons une croissance de 15 % par an", prévient Philippe de Moerloose.
Une expansion rapide, que le patron a déjà connue depuis la création en 1991 – il avait alors 24 ans – de Demimpex, l'embryon de son groupe. Fils d'un comptable de la société textile Solbena, à Lubumbashi, il aime rappeler qu'il n'est pas né dans un milieu aisé. "J'ai commencé avec un capital de 2 500 euros, à la fin de mes études à l'Institut catholique des hautes études commerciales (Ichec), à Bruxelles. D'abord en lançant un réseau d'approvisionnement de pièces détachées en RD Congo, puis en exportant des véhicules complets", se souvient-il. Ensuite, l'entrepreneur a su saisir sa chance. En 1995, il a ainsi racheté le distributeur VRP à la famille belge Theumis, lorsque le pays traversait des temps difficiles. "On a redynamisé la société et étendu nos activités. D'abord en Centrafrique, au Rwanda et au Burundi – où ma connaissance du swahili a été utile –, puis en Afrique de l'Ouest et en Mauritanie", explique-t-il.

Jouant de cette double culture européenne et africaine, Philippe de Moerloose a pu nouer des liens avec des marques de référence, en obtenant leurs "cartes" (le droit de les représenter) pour certains États africains : Mercedes, Volkswagen et Nissan pour l'automobile, John Deere pour les machines agricoles, Hitachi et Volvo pour les camions et engins miniers.
Par ailleurs, afin de consolider son groupe de quelque 3 700 salariés, le dirigeant a engagé Michaël Delvaux, son camarade à l'Ichec. Issu de la banque d'affaires Paribas, ce dernier gère depuis treize ans les finances et les ressources humaines de SDA. Les deux hommes forment un tandem solide : "Je suis un fonceur, je me décide rapidement. La force de notre groupe est sa réactivité. Je suis bien épaulé par Michaël et ses équipes, qui valident les idées et structurent les projets", résume Moerloose.
Talon d'achille
Même s'il ne jure plus que par la distribution – son "cœur de métier" –, le Belge détient plusieurs actifs industriels et touristiques non négligeables en RD Congo, rassemblés sous le holding CDA (environ 200 millions d'euros de chiffre d'affaires). Parmi eux : la Grande Cimenterie du Katanga, dont il détient 62,5 %, le Grand Hôtel de Kinshasa et le Grand Karavia de Lubumbashi (50 % chacun). Il possède en outre 100 % de la compagnie de fret aérien Demavia (10 millions d'euros de chiffre d'affaires).
 
Le chef d'entreprise se montre moins disert sur l'avenir de cette section de son groupe : "Nous n'avons pas encore de stratégie bien définie pour CDA. Nous cherchons à confier la gestion des hôtels à un partenaire. Mais un désinvestissement est exclu", assure-t-il. Via ce holding, Philippe de Moerloose conserve une présence importante en RD Congo, alors que le pays ne représente plus que 10 % du chiffre d'affaires de SDA. Même s'il note le caractère prometteur des secteurs énergétique et agroalimentaire en RD Congo, le Belge ne compte pas s'y risquer. "Nous n'allons pas nous disperser. Nous sommes d'abord un groupe de distribution."
Bien que la RD Congo soit à la source de son parcours, elle constitue aussi le talon d'Achille de Philippe de Moerloose. Sa rapide ascension ne lui a pas valu que des amis. À Kinshasa, Lubumbashi et dans les milieux belgo-congolais, l'homme ne fait pas l'unanimité. Critiqué pour sa proximité supposée avec Joseph Kabila – ce qui expliquerait la croissance de son groupe –, il s'en défend fermement : "Je suis un acteur économique important du pays, il est normal que le président me reçoive, au même titre que d'autres entrepreneurs. Mais je n'entretiens pas de relation amicale avec lui. Si nous gagnons certains marchés, c'est parce que nous sommes les moins-disant sur les appels d'offres."
À l'avenir, Moerloose se rendra en RD Congo pour affaires autant que pour raisons personnelles. "Je suis attaché au Katanga, mon frère [Patrick] y est installé comme distributeur de mon groupe." Mais il n'envisage pas de revenir en famille vivre à Kinshasa ou à Lubumbashi. "J'apprécie la diversité géographique de mon entreprise, entre Europe et Afrique. Il faut faire preuve de créativité, je me sens à ma place dans cet entre-deux", conclut-il.
Photo :
Philippe de Moerloose (à droite), le patron et fondateur de SDA, et Michaël Delvaux forment un tandem solide. © Colin Delfosse/JA

Les Belges au Congo : Prospères Dynasties d'Affaires

FODABI | 17:01 | 1commentaires
Ils s'appellent Damseaux, Bia, Lippens... Enfants du plat pays, ils ont bâti de véritables empires en RD Congo. Transmis de père en fils, leurs groupes ont résisté aux convulsions de l'Histoire. Non sans mal.

Alors que, sur le trône de Belgique, la succession est assurée - le roi Philippe a prêté serment le 21 juillet -, en RD Congo, les dynasties belges du monde des affaires cherchent elles aussi à pérenniser leur pouvoir. Certaines ne sont plus à présenter aux Congolais. Ainsi les Forrest qui, en trois générations, ont construit Groupe Forrest International (GFI), un conglomérat qui détient des pans entiers de l'économie du Katanga (BTP, ciment, élevage, transport aérien) ; ou les Damseaux, qui ont bâti Orgaman, un empire agroalimentaire (plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires), à partir de Kinshasa et du Bandundu (ouest du pays). Quant aux Lippens, ils se sont imposés dans la filière sucre à partir de leurs activités congolaises. À ces noms s'ajoutent d'autres "lignées" belges, moins en vue, mais tout aussi bien implantées dans ce vaste pays d'Afrique centrale. C'est le cas des Bia, dont le groupe du même nom est spécialisé dans les services miniers ; des frères Hasson, actifs dans la distribution de produits de grande consommation à Kinshasa ; des Demaeght, qui oeuvrent dans l'agroalimentaire au Katanga ; ou des Levy, présents dans la banque.
Ils ont beau tous se connaître, ils ne se font pas de cadeaux.
Héritiers du passé colonial ou postcolonial, ces grands groupes familiaux installés en RD Congo ont survécu à bien des épreuves. "Ils ont traversé la "zaïrianisation" sous Mobutu [nationalisation du secteur privé] et les conflits des années 1990 et 2000 [pillages, prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila, guerre régionale dans le Kivu...]. Mais ils sont restés, ils avaient trop à perdre : toutes leurs possessions se trouvaient dans le pays. Ceux - plus nombreux - qui sont partis l'ont fait parce qu'ils pouvaient se refaire une santé en Belgique ou ailleurs", analyse Michel Losembe, directeur général de la Banque internationale pour l'Afrique au Congo (Biac).

Pour assurer leur pérennité, ces entreprises familiales ont tissé des liens étroits avec le pouvoir congolais. Surnommé le "vice-roi du Katanga", George Forrest avait l'oreille de Mobutu Sese Seko, le président du Zaïre. Et c'est à son groupe que ce dernier avait confié la réalisation de la piste de l'aéroport de Luano et de la base militaire de Kamina (Katanga), puis l'exploitation de la mine de cuivre de Kasombo. Ce qui n'a pas empêché Forrest de rebondir avec agilité lors de la transition politique, en 1997. Il a même été l'un des premiers à accueillir Laurent-Désiré Kabila (le père de Joseph, l'actuel président) à son entrée dans Lubumbashi. Toutefois, son groupe est moins bien en cour aujourd'hui et n'a pas été épargné par la révision des contrats miniers.

L'entreprise de William Damseaux a elle aussi souffert de la "zaïrianisation" des années 1970, et de la nomination désastreuse de proches du pouvoir à la direction d'Orgaman. Mais le patriarche a su reprendre les rênes après avoir gracieusement prêté ses camions frigorifiques lors des 20 ans du Mouvement populaire de la révolution [MPR], l'ancien parti unique, en 1988. Sous Laurent-Désiré Kabila, en 2000, il a été emprisonné parce qu'il n'avait pas respecté le blocage des prix des denrées alimentaires. Libéré, il s'est exilé en Belgique. Mais il est bientôt revenu en RD Congo, après l'avènement de Joseph Kabila, en janvier 2001.
 
Nouvelle vague
Après les conflits meurtriers des années 1990, une nouvelle vague d'entrepreneurs belges a pris la relève. "À l'époque, la Gécamines - héritière de l'Union minière du Haut-Katanga -, le Groupe agropastoral, ou la Compagnie financière européenne et d'outre-mer (Finoutremer), tous historiquement liés à la Belgique, ont vu leurs actifs sombrer, raconte Thierry Claeys Bouuaert, vice-président de la chambre de commerce Belgique-Luxembourg-Afrique-Caraïbes-Pacifique et dernier ­administrateur-directeur général de la Belgolaise. Certains Belges - attachés au Congo et prêts à prendre des risques - en ont profité pour réaliser des opérations fructueuses en rachetant des sociétés à des expatriés sur le départ, souvent avec l'appui d'établissements financiers du royaume (notamment Générale de banque, devenue Fortis)." Ce fut le cas de Philippe de Moerloose (né à Lubumbashi), qui, en 1995, a acquis le distributeur automobile VRP (à la famille belge Theumis). Ou de Vincent Bribosia, repreneur des chantiers navals de Chanic. George Forrest a lui aussi saisi l'occasion en se portant acquéreur des cimenteries de Finoutremer-Egecim, puis des actifs congolais de la Belgolaise auprès de la banque Fortis. Entre les deux générations d'hommes d'affaires, les points communs ne manquent pas : "Philippe de Moerloose, [distribution automobile, d'équipements ( BTP & Minier) et de matériel agricole, hôtellerie et industrie] a noué avec Joseph Kabila le même type de relations que George Forrest avec Mobutu. Il a accès au palais, et règle certains détails des séjours bruxellois de l'épouse du président", confie un familier du milieu belgo-congolais.
 
Si ces groupes bénéficient d'une telle longévité, c'est aussi parce que les passages de témoin d'une génération à l'autre sont bien préparés. "La transmission des groupes aux enfants est la meilleure solution pour qu'ils continuent d'exister. Pour les diriger, il faut être proche du fondateur, bien connaître la RD Congo et ses différents acteurs", explique Thierry Claeys Bouuaert. Et surtout, préserver la confidentialité des comptes et des accords. Ceux de GFI, par exemple, ne sont pas publics. Il faut se contenter des estimations d'un familier du groupe, qui évoque un chiffre d'affaires annuel de plus de 200 millions d'euros - hors activités bancaires et secteur aérien.
Ainsi, chez les Forrest, c'est Malta David, le petit-fils, qui a repris le flambeau : il est directeur général de GFI depuis 2011. "Il a été l'artisan du développement de notre filiale dans l'énergie, et dans l'agroalimentaire au Katanga", souligne Henry de Harenne, conseiller du groupe en Belgique. Chez les Damseaux, c'est Jean-Claude, lui aussi petit-fils du fondateur, qui assure la relève depuis sept ans. À la tête d'Orgaman, il a étendu la filière élevage - la plus importante d'Afrique centrale, avec 55 000 têtes de bétail. Et a lancé son groupe dans l'exploration minière dans l'est du pays.
Les sociétés belgo-congolaises se tournent de plus en plus vers les autres pays du contienent.
Influence
Pour dominer le marché congolais, ces entrepreneurs belges, qui se connaissent bien, se livrent une concurrence - commerciale ou d'influence - sans merci. "Philippe de Moerloose n'est pas notre ami", confie un collaborateur de GFI. "Chacun s'occupe de ses affaires. Je milite pour que les investisseurs viennent en RD Congo", précise l'intéressé, qui, dans le domaine de la sous-traitance minière, ne fait pas de cadeaux - ni à Bia, ni à Forrest.

Bien que rivaux et se côtoyant peu, ils déploient souvent des stratégies proches. Même s'ils n'ont pas toujours d'attaches personnelles solides en Belgique (certaines familles ne sont belges que depuis peu : les Forrest sont d'origine néo-zélandaise, les Levy d'ascendance italienne et les Damseaux préfèrent Monaco), ils entretiennent de bonnes relations avec les milieux politiques du royaume. Pour eux, il s'agit de préserver leur réputation "au pays", où la plupart ont installé une holding - et où leurs activités ne sont pas toujours bien perçues. Ainsi, Philippe de Moerloose a embauché Geert Muylle, l'ancien conseiller politique d'Yves Leterme (ex-Premier ministre belge) pour assurer sa communication en Europe. De son côté, George Forrest a recruté Olivier Alsteens, ex-directeur de la communication externe des Premiers ministres belges (2002-2003) et ancien porte-parole de Louis Michel (ex-ministre des Affaires étrangères et ex-commissaire européen). Lequel, très écouté par Joseph Kabila, a d'ailleurs joué un rôle dans la relance des relations belgo-congolaises. Autre point commun : les sièges des Bia, Moerloose et Forrest sont installés dans la même ville, Wavre (à 20 km au sud de Bruxelles), dont le bourgmestre n'est autre que Charles Michel, fils de l'ancien commissaire européen.
Désormais bien implantées en RD Congo, les sociétés belgo-congolaises se tournent de plus en plus vers les autres pays du continent, et au-delà. À tel point que certaines n'ont plus grand-chose de congolais. À l'instar de Finasucre (famille Lippens), dont la majorité des actifs se situe en Belgique, en Chine et en Australie, et qui ne détient plus que la Compagnie sucrière de Kwilu-Ngongo (Bas-Congo) en RD Congo. Les Bia, eux, se sont appuyés sur leur expertise en montage et entretien d'engins miniers au Katanga pour offrir leurs services dans vingt pays d'Afrique francophone. Quant à la Société de distribution africaine (SDA) de Philippe de Moerloose, elle est implantée dans vingt-sept États africains. Et même si Malta David Forrest ne cesse de rappeler son attachement au pays qui l'a vu naître, son groupe a choisi lui aussi de s'africaniser : il est déjà présent dans la construction et l'énergie au Congo et au Kenya.
Les échanges commerciaux n'ont plus la frite
Le volume des échanges entre Bruxelles et Kinshasa n'est rien comparé à la puissance des conglomérats belgo-congolais.

Malgré ses liens historiques avec le royaume, la RD Congo figure au bas des classements de l'Agence belge pour le commerce extérieur. Elle ne représente plus que 350 millions d'euros d'exportations et 284 millions d'euros d'importations, soit un microscopique 0,1 % des flux commerciaux de la Belgique en 2012. Et elle n'est désormais que son sixième partenaire commercial africain. En 2012, les Belges ont exporté davantage en Afrique du Sud (1,75 milliard d'euros), au Nigeria (1,49 milliard), au Togo, en Angola et au Sénégal qu'en RD Congo. "En dehors de quelques acharnés, comme Philippe de Moerloose, qui est un enfant du pays, les entrepreneurs belges se désintéressent quasi totalement de la RD Congo. Ils n'ont plus cette passion ! Ils se concentrent sur l'Europe. Les groupes chinois, israéliens et même français sont bien plus agressifs ici", regrette Michel Losembe, patron de la Banque internationale pour l'Afrique au Congo (Biac), qui a fait ses études à Bruxelles. Toutefois, la tendance s'inverse légèrement : depuis cinq ans, les exportations belges à destination de la RD Congo ont progressé de 68 %.  C.L.B.
Droit de réponse

Suite à l'article "RD Congo, une histoire belge" paru dans le n°2743 de Jeune Afrique (p58 à 61), M. Frédéric Corbière, responsable des relations presse à la Société de distribution africaine présidée par Philippe de Moerloose, nous a communiqué la réaction suivante.

"Contrairement à ce qui est écrit dans votre article, Philippe de Moerloose n’a pas de liens spécifiques avec le président de la RD Congo. Comme d’autres hommes d'affaires présents dans ce pays, il a déjà rencontré le président Joseph Kabila au Palais de la Nation dans le cadre d’audiences officielles.

Les allégations selon lesquelles Philippe de Moerloose réglerait certains détails des séjours bruxellois de l’épouse du président Joseph Kabila sont également non fondées."
Photo : George Forrest (à gauche), surnommé le vice-roi du Katanga, ici à Lubumbashi, le 24 octobre 2010. © Gwenn Dubourthoumieu

Ils ont eu du flair et vont devenir millionnaires grâce à l'introduction en Bourse de Criteo au Nasdaq

FODABI | 21:26 | 0 commentaires
La pépite française de l'Internet s'est introduite au Nasdaq. La valorisation de 1,75 milliard de dollars, laisse présager un beau retour sur investissement. Christophe Bavière, via son fonds, est l'un de ceux qui va en profiter.
Christophe Bavière, le président du directoire d'Idinvest Partners. (c) Idinvest
La pépite française Criteo, spécialiste du ciblage publicitaire sur Internet, est entrée ce mercredi 30 octobre à 16 heures (heure française) au Nasdaq, le deuxième marché boursier au monde derrière le NYSE. Un moment historique puisque seules trois sociétés françaises l'ont intégré jusqu'à présent (en tant que marché principal). Il s'agit de Business Objects en 1994, Flamel Technologies en 1996 et EDAP TMS en 1997. 
 
Cette introduction devrait permettre aux dirigeants de Criteo de lever 250 millions de dollars. Une somme qui nourrira le développement exponentiel de la société, créée en 2005 et qui compte aujourd'hui 763 salariés dans 15 pays. Avec un prix d'introduction de 31 dollars par action, Criteo, qui a réalisé 271 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012, est valorisée 1,75 milliard de dollars. A titre de comparaison, le réseau social Twitter, qui prépare actuellement son introduction en Bourse, vise une valorisation de 11 milliards de dollars.
 
Pour son premier jour de cotation, le titre CRTO gagnait 14%, à 35,39 dollars. Avec ce départ canon, Criteo a réussi à lever 293 millions de dollars et est valorisé presque 2 milliards de dollars ! Si la société jouit d’un tel succès, c’est parce que ses trois cofondateurs, Franck Le Ouay, Romain Niccoli et Jean-Baptiste Rudelle ont inventé un métier: le "reciblage" publicitaire hors-site (off-site retargeting).  
Exemple : un internaute, à la recherche d’un matelas sur un site de e-commerce, consulte plusieurs modèles, compare les prix, sélectionne deux produits qu’il place dans son panier puis quitte le site sans finaliser son achat. Si l'e-commerçant est un client de Criteo, l’internaute verra son navigateur internet rempli de bannières publicitaires vantant les deux modèles choisis.
 
Christophe Bavière, le président du directoire d'Idinvest Partners, l'un des principaux fonds de capital risque en France (Meetic, Dailymotion, Saranza), fut l'un des premiers à croire dans le potentiel de Criteo. Il fait aujourd'hui partie de l'aventure américaine puisqu'Idinvest détiendra encore, après l'introduction, près de 19% du capital de Criteo. Une belle affaire puisque cette participation est valorisée 331 millions de dollars alors qu'Idinvest a investi à hauteur de 8 millions de dollars dans Criteo. Christophe Bavière revient pour Challenges.fr sur les débuts de la société et les enjeux de sa valorisation. 
 
Depuis quand êtes-vous au capital de Criteo?
Nous y sommes depuis le 1er janver 2006 mais les discussions ont commencé dès 2005. C'était donc au tout début de l'histoire de la société. Le business model de Criteo n'était même pas encore bien défini mais les fondateurs cherchaient des capitaux pour financer leurs investissements.
 
Qu'est-ce qui vous a intéressé au départ dans Criteo?
Comme toutes les jeunes pousses dans lesquelles nous investissons, nous cherchons à capter un business model innovant. Et en l'occurrence, Criteo a su inventer et développer son marché avec le off-site retargeting. Par ailleurs, Idinvest a beaucoup aimé l'association complémentaire des trois associés. Il y a d'un côté Jean-Baptiste Rudelle, la quarantaine, un serial-entrepreneur très expérimenté et de l'autre Romain Niccoli et Franck Le Ouay, plutôt la trentaine et sans expérience passée de l'entrepreneuriat. Ils ont décidé de faire équipe ensemble et nous, de nous joindre à eux. Le feeling est assez important dans ce cas-là. Idinvest investi en général pour 6 à 7 ans dans le capital des sociétés. Il faut donc que les fondateurs apprécient leurs actionnaires pour que les réunions de conseils d'administration se déroulent bien. Il y a eu une sorte de cooptation mutuelle entre nous et Criteo.
Pourquoi s'introduire au Nasdaq et pas sur un marché boursier français ou européen?
Une introduction au Nasdaq c'est donner la plus belle visibilité à une société comme Criteo. D'ailleurs, s'il est possible de s'internationaliser, il faut le faire. Le problème en  France, c'est que l'épargne des ménages est trop fléchée vers certains produits et pas vers le capital-risque. Mais il ne faut pas vivre comme un échec le fait de partir de la France pour l'introduction en Bourse, mais plutôt comme un bel exemple à donner aux jeunes entrepreneurs français. La France a plein de talents, ne boudons pas notre plaisir !
Qu'allez-vous faire après l'introduction en Bourse ?
Nous avons l'obligation de rester pendant les 6 mois qui suivent l'introduction. Nous n'allons donc pas céder nos parts de suite. Mais Idinvest a toujours eu comme vocation d'accompagner des sociétés en développement. 
Criteo, qui utilise les données personnelles des internautes, est sous le coup d'une enquête de la CNIL. Par ailleurs, plusieurs plateformes comme Google et Mozilla souhaitent remplacer l’utilisation actuelle des cookies par un nouveau système de récolte des données, ce qui viendrait remettre en cause le business model de Criteo. Comment la société pourra-t-elle réagir ?
Internet sera toujours gratuit et donc il faudra que les contenus soient financés par la publicité. C'est comme ça et ça va même continuer à se développer avec notamment le off-site retargeting. Il faut dire que la publicité est par nature intrusive. Mais en effet, il faut prendre en compte les craintes des internautes. Je pense donc que la réglementation va évoluer sur la publicité en ligne et le business model de Criteo va s'affiner.
Les résultats publiés sur le document de la SEC montrent que Criteo est très rentable. Cette révélation pourrait-elle nuire aux relations commerciales qu'entretient Criteo avec ses clients annonceurs ?
Comme toute société qui crée un marché, les prix sont plus élevés car il n'y a pas de concurrence. Mais celle-ci va s'accentuer. Par ailleurs, si Criteo arrive à vendre cher son produit, c'est qu'il apporte un grand bénéfice à ses clients.
Les IPO de sociétés technologiques se caractérisent par une forte valorisation alors que les résultats sont encore assez faibles. N'avez-vous pas peur que le cours de l'action chute et fragilise l'entreprise ?
Je n'ai pas spécialement le droit de faire des commentaires dessus. Mais il faut souligner que les dirigeants de l'entreprise on fait le choix de réinvestir leurs bénéfices dans la recherche et développement donc c'est normal si les résultats sont ce qu'ils sont (800.000 euros en 2012). Reste que tout laisse à penser que cette introduction en Bourse a été bien préparé.
En tant que professionnel de l'investissement. Que ressentez-vous à titre personnel ?
En trente ans de métier, je n'ai jamais vu ça. Criteo a connu une croissance exceptionnelle et la France n'a pas à en rougir. Par ailleurs, je suis très fier de pouvoir rendre l'argent investi par des épargnants, dont le ticket moyen est de quelques milliers d'euros, et qui nous ont fait confiance.
 

 

A voir sur le web : L'ouverture en hausse de Criteo en bourse et le choix du Nasdaq: Benoit Fouilland dans Intégrale Bourse - 30/10

 
 
 

De plus en plus de faux billets

FODABI | 08:41 | 0 commentaires

La Banque nationale a enregistré 21.580 faux billets sur les six premiers mois de l'année, soit presque autant que les 22.433 faux billets interceptés sur l'ensemble de l'année 2012, peut-on lire mercredi dans Le Soir et Sudpresse.

Un faux billet de 20 euros, à côté d'un vrai. © IMAGEGLOBE
Le record remonte à l'année 2010, avec 43.675 faux billets.
Ces chiffres proviennent des billets repérés par les machines de la Banque nationale, qui les extraient du circuit quand ils reviennent à la BNB, ainsi que des spécimens interceptés par les banques et les particuliers.
Les billets de 50 euros sont les plus falsifiés (15.131 sur six mois), devant les billets de 20 euros (4.549). La hausse la plus forte concerne toutefois les billets de 500 euros, avec 870 faux détectés au premier semestre 2013 contre 150 en 2012.
"La plupart des faux billets, qui sont de qualité professionnelle, ne sont pas fabriqués en Belgique, mais produits en Italie et en Bulgarie", souligne un agent de la police fédérale spécialisé dans ce type de trafic.
En ce qui concerne les fausses pièces, la Banque nationale n'en a trouvé que 1.862 sur les six premiers mois de 2013.
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